mercredi 28 mars 2012

Et l'exotisme, bordel?!


S’il y a quelque chose que j’ai compris au cours de ces dernières années, c’est que où qu’on  aille, qu’on déménage en bas de la rue ou au bout du monde, on plonge à pieds joints dans la routine et les banalités de la vie quotidienne. La magie n’existe que dans le regard des autres. J’ai habité en Angleterre, j’ai habité en Inde, j’ai habité en Chine, et comme partout ailleurs, j’allais au boulot, je faisais mes courses et je payais mes factures. Rien de franchement surréaliste, quoi ! On considère sa vie d’une platitude exaspérante jusqu’à ce qu’on rencontre quelqu’un qui ouvre grand les yeux en s’écriant : « Woaaaah !!! T’habites à Hong Kong ?!? Mais c’est trop génial, ça !!!» (enfin, on croise aussi des gens qui ouvrent grand les yeux en s’écriant : « Wow ! T’habites à Calcutta ?!? Ça va, c’est pas trop dur ? »). Et là, on se pose pendant 2 minutes en se disant : « Ouais ! C’est vrai ! C’est fou ça ! Je vis dans un autre pays!... » avant de retourner à ses préoccupations journalières.

Je m’en suis rendue compte très vite : exotisme et expatriation ne sont pas compatibles. L’exotisme, c’est ce qui nous paraît différent, inhabituel. Quand on est intégré, ben tout devient une habitude. Mais parfois, ça en devient agaçant. On aimerait bien honorer un peu plus les clichés et les stéréotypes qui nous ont nourris pendant des années. On aimerait dire que dans le sud de la Chine il ne fait jamais froid (ça fait trop européen d’avoir les orteils congelés), qu’on a faillit se faire écraser 1 milliard de fois à Londres parce qu’on ne s’habituait pas à la conduite à gauche, et qu’en Inde les embouteillages sont dûs uniquement à la sieste digestive d’un troupeau de vaches sur la 3 voies.

Mais comme dans X Files, la vérité est ailleurs.

En l’occurrence, maintenant que je suis aux Etats-Unis et sachant que je n’ai qu’un an pour réaliser mon rêve américain, j’ai décidé de vivre tous les clichés que j’avais en tête.  Jouer à fond le Hollywood way of life. Oui, les Américains adorent conduire des pick-up trucks, et pour saluer, ils ne disent pas ‘Bonjour’ mais ‘Comment ça va?’, et une pub sur 3 à la télé fait la promotion d’un fast-food ! Et puisque de ce côté du pays ils n’ont pas l’air d’être des grands fana de donuts, je compense à mangeant des pancakes pour le petit déjeuner, que j’empile dans une assiette comme dans les séries. (Par contre, je les mange avec du nutella, parce que le sirop d’érable et le beurre de cacahuète ça faisait pas du tout partie de mon objectif…). Au supermarché, j’évite les sachets plastiques et je prends les sacs en papier marron, ça fait grave américain ! Et la prochaine étape c’est d’acheter le gros pull à capuche avec écrit Berkeley dessus.

Comme ça, j’aurais pas besoin d’attendre de croiser quelqu’un pour me dire : « C’est trop d’la balle ! J’habite aux Etats-Unis !!! ».

4 commentaires:

  1. Les sacs en papier marron, je plussoie.

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    1. Du verbe plussoyer! :D
      Ouais, je kiffe les sacs; ça fait desperate housewives!

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  2. L'Amérique,l'Amérique ,je veux l'avoir et je l'aurai..... :-) A fond les clichés c'est trop bon !!!!!

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  3. J'ai hate de découvrir les clichés, mais aussi la réalité..De toute façon, je suis prêt à kiffer, et même si il faut à plussoyer (encore que...)

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