vendredi 29 juin 2012

Cinéma


On est partis voir ‘Brave’ au cinéma. A la base, on n’était pas vraiment emballés à l’idée d’aller voir ce film, les extraits n’ayant pas l’air transcendants (et après visionnage on avait bien raison); mais on voulait marquer le coup qu’on habite juste à côté de l’endroit où il a été conçu.  A chaque fois qu’on prend le bus pour aller à San Francisco, on passe devant les studios Pixar, à Emeryville, à une quinzaine de kilomètres de la maison. La première fois que j’ai aperçu l’entrée avec Pixar écrit en grosses lettres noires, ça m’a fait le même effet que si je m’étais trouvée au pied de la colline de Hollywood. En tant que fan intemporelle de Walt Disney, je supplie régulièrement Obiwan qu’on regarde tel ou tel film. Les Indiens ne sont pas du tout dans les dessins animés. En même temps, c’est compréhensible, étant donné que leurs films sont déjà pleins de chansons, de danses et d’héroïnes aux cheveux perpétuellement gonflés par le vent et à la garde-robe de Cendrillon après mariage. Quand il était petit et qu’il partait au cinéma avec sa famille, c’était toujours pour voir un Bollywood (en plus un film indien ça dure trois heures, ce qui permet aux parents d’avoir la paix beaucoup plus longtemps!). Mais depuis qu’il est avec moi, il a été obligé de se mettre à la page au moyen d’un long processus fait de chantage et de négociations laborieuses (généralement, j’échange 3 Disney contre 1 Godard)…

A mon avis, ce dernier Pixar était certainement l’un des moins bons; en même temps on ne peut pas toujours taper aussi haut que ‘Up’ ou ‘Nemo’. L’histoire tient à peine debout  et l’humour un peu grossier serait plutôt digne de Dreamworks. En fait, la meilleure chose dans le film c’était le court-métrage qui l’a précédé (du 100% Pixar)! Mais bon, on a bien droit à quelques erreurs de temps en temps! Et puis c’est toujours agréable de regarder un film, et encore plus aux Etats-Unis! Ici, le pop corn medium équivaut facilement à un XL européen. D’habitude en France, j’ai fini de manger avant même que le film commence. Là, on n’avait pas encore terminé le nôtre dans le bus pour rentrer à la maison. Et le pire, c’est que si on commande un large, on peut venir remplir son sac à volonté (bon, je ne suis pas sûre non plus que les gens se lèveront en pleine séance pour un refill, à moins que le film soit vraiment vraiment mauvais)! Il n’y a pas de salé ou sucré. Le goût est toujours neutre, et on te demande si tu veux du beurre liquide dedans. Sur une table à coté, il y a plein de bouteilles de poudre de différentes saveurs, fromage, caramel, sauce Ranch, chilly… qu’on verse sur le pop corn pour l’aromatiser selon son goût. Avant le film, il y a très peu de pubs et beaucoup d’extraits. La première fois, on avait choisi le cinéma le plus vieux de la ville, avec l’architecture ancienne et un type qui vient annoncer dans un micro que le film commencera dans 2 minutes alors éteignez vos portables s’il vous plaît. Maintenant, on va plutôt dans un autre ciné avec les fauteuils qui se balancent et un écran un peu plus grand.

Par contre, tout comme en France, les numéros ne sont pas attribués, et sur ce point là, les cinémas occidentaux devraient s’inspirer de l’Asie! Que ce soit en Inde ou à Hong Kong, au moment où on achète sa place on doit choisir où on veut s’asseoir. Ça évite de courir comme un forcené dans les couloirs pour trouver le meilleur siège, ça évite qu’une famille avec 15 gosses te demande si tu peux te pousser de quelques mètres quand tu avais réussi à te coller pile au milieu en face de l’écran, et ça évite de te faire doubler après 45 minutes d’attente par un type qui vient juste d’arriver parce que tu avais besoin d’aller aux toilettes!!! En Inde, le cinéma est une telle institution que les places n’ont pas le même prix selon l’endroit elles sont situées dans la salle. Comme pour les concerts, quoi!

Bref, tout ça pour dire que, malgré tout, on a vécu un de ces moments 100% US, dans notre cinéma avec les films écrits à l’ancienne, notre grand seau de pop corn parfumés au fromage, à regarder un Pixar made in only 15 minutes from home, avec juste avant le générique de fin un hommage à Steve Jobs (qui, lui non plus, n’habitait pas très loin). Que ce soit par la magie de Hollywood où simple spectateur dans un fauteuil qui se balance, rien ne vaut le cinéma pour (re)prendre conscience de son rêve américain!

dimanche 24 juin 2012

Hellth care


Vendredi, je suis allée, pour la toute première fois aux Etats-Unis, chez le médecin. Quitte à avoir souscrit une assurance santé, autant s’en servir, n’est-ce pas? Mais alors qu’en France on prend rendez-vous chez le doc pour un poil incarné, ici on hésite encore à appeler une ambulance en cas d’appendicite aigüe (l’angoisse de la feuille d’honoraires et le meilleur placebo jamais)! On entend tellement d’horreurs sur le sujet… Et le film de Michael Moore! Et les réformes d’Obama!… Quand je me suis éclatée à vélo, me voyant y aller à la barbare avec ma bouteille d’alcool à 90 et mon papier sopalin, Obiwan m’a demandé si ce n’était pas plus prudent de consulter un médecin. Tu rigoles ou quoi? Si on doit y laisser un mois de salaire à chaque fois que je me prends un mur on s’en sortira jamais!!!

Et non non (!) je n’exagère pas du tout, et oui oui (!) j’ai des preuves! Quand Obiwan a commencé son Master, un des étudiants était absent pendant toute la première semaine de cours. Le pauvre est tombé malade juste avant la rentrée. Un problème au foie. Il a appelé le 911 qui a envoyé presto une ambulance (comme dans les films) et il est parti dans un hôpital de San Francisco faire une ribambelle de tests. Sauf que, et ça on ne nous le montre jamais dans les films, quand le 911 envoie une ambulance, ça coûte quand même 4000 dollars. Ouep! Ça fait un peu cher le trajet (que l’on n’est généralement pas en état d’apprécier, en plus). Au final, pour son séjour à l’hosto, le collègue a dû débourser 55 000 dollars!!! Oui! Oui! 55 000 dollars. 55 comme 55 et 1000 comme 1000. A peu près 40 000 euros. Et le pire c’est qu’ils n’ont jamais trouvé ce qu’il avait attrapé au foie! Avoir une facture de 55 000 dollars pour ne pas savoir ce qui a mal tourné, ça fait quand même mal au ventre (c’est le cas de le dire)!

Déjà, pour prendre un rendez-vous ce n’est pas comme en France. Chaque assurance propose une liste de médecins qu’elle prend en charge; si on veut aller ailleurs, c’est pour sa pomme. Malgré tout, je ne savais pas si je serais remboursée à 70 ou 80 ou 100%, et je n’avais aucune idée de combien aller me coûter la visite. J’ai demandé à la secrétaire où je travaille (travaille avec guillemets n’est-ce pas, rien n’a changé à part le temps qui s’est encore un peu plus rafraîchit!) combien je devrais prévoir au cas où. «Bon, une visite comme ça chez un spécialiste, oui… Allez!... ça peut coûter 200 ou 300 dollars! ». Arf! 150 pizzas la consultation. 250 donuts.

Dans le cabinet, je me suis retrouvée exactement comme dans les séries! J’ai dû donner ma carte d’assurance pour la photocopie, remplir un questionnaire de 3 pages sur mes antécédents allergiques, et une fois dans la salle d’examen, on m’a donné une sorte de grand pyjama en papier blanc, histoire que je ne me retrouve pas en sous-vêtement devant le docteur. Comme quoi, il n’y a qu’en France qu’on n’a pas de pudeur. (Mais, nooon! C’est pas si grave si tu es à poil devant la secrétaire, l’assistante et les 3 stagiaires! C’est le médecin enfin, tout le monde s’en fiche!...). Elle m’a expliqué les risques de cancer, regardé chaque grain de beauté à la loupe et pris une photo de mon oreille gauche. Fin de la visite. Je me retrouve devant la réceptionniste, l’estomac noué, et d’une voix crispée je demande: « Et alors, je vous dois combien? ». (Tatata… Moment de suspens tendu, le cœur s’affole; rien que la foutue photo a dû déjà coûter 100 dollars!). « Vous n’avez rien à payer, tout est pris en charge par l’assurance!».

Dans le monde de la médecine, il n’y a pas de petits miracles!

mardi 19 juin 2012

Sonnette d’Harlem


Dimanche dernier on est partis fêter le stage d’Obiwan dans notre restaurant préféré 'The Cheesecake Factory'. Même si on a encore plusieurs mois devant nous on commence à organiser notre vie à New York. Tout le monde nous dit qu’il y a une différence énorme entre la côte est et la côte ouest, plus précisément entre New York et la Californie. Un peu comme Paris et Marseille, quoi! Les éternels rivaux. Apparemment, la provenance d’un Américain se reconnaît à sa démarche. S’il marche vite en regardant par terre, il vient de New York. Les New-Yorkais sont pressés et stressés. S’il est coolos en tong et bermuda, il est de Los Angeles. Les californiens vivent lentement, et se doivent de prouver au monde entier que chez eux il fait beau et chaud (ah!ah!…). A New York, le temps, c’est de l’argent, en Californie, le temps c’est du soleil. (Moi je dirais plutôt que le temps c’est de la bouffe, chacun son mantra…).

Déjà, il nous faut réfléchir au logement. J’ai regardé sur internet et j’ai faillit m’évanouir en voyant le prix des apparts. « Mais non, t’es nulle, tu sais pas chercher! » m’a fait remarqué Obiwan, « rien qu’ici j’en vois un, plus grand que le nôtre pour moins cher! ». « Ah, bon?! Mais tu ne m’as pas dit que tu voulais rester dans le centre près de ton boulot? », « C’est dans le centre; un quartier qui s’appelle… ‘Harlem’, tu connais? ». Hurum. Pas que je veuille plonger à pieds joints dans une piscine de préjugés, mais la seule fois dans ma vie où j’ai entendu parler d’Harlem, c’était dans un constant terrifiant qui renvoyait le Bronx à Disneyland. Le genre de quartier où l’espérance de vie ne dépasse pas 12 minutes. Je ne sais pas si c’est vrai ou pas, mais touristiquement parlant, ça m’emballe moyen.

Le problème avec New York, c’est que cette ville renvoie deux images complètement opposées. L’image de 'Sex and the City' où les filles en fourrure et talons aiguilles rentrent à pied chez elles à 5 heures du matin, aussi seules que saoules et personne ne les emmerde, et l’image où tu ne peux pas faire un pas dans la rue sans te faire agresser, même à 2h de l’après-midi. Il paraît qu’à New York, les gens se promènent en permanence avec 2 portefeuilles sur eux. Le vrai, avec les cartes de crédit et le permis de conduire, planqué dans les recoins d’un sac multipoches, et un ‘faux’ avec une trentaine de dollars à remettre allègrement à son racketeur en cas de mugging (avoir toujours du cash à balancer, ne jamais prendre le risque de frustrer celui qui te menace avec un 9 millimètres…). Dans 'Friends', quand Chandler voulait citer un acte héroïque, il racontait comment il avait pris le métro la nuit jusqu’à Brooklyn… Ça promet!  Au moins en hiver, en portant des gants j’aurais moins de chance de me faire carotter mon alliance… Ben oui, on pense à tout!!! C’est pathétique mais c’est comme ça! Dans le monde, il y a les gens qui fourrent une brosse à dent et une boîte de Doliprane dans un sac à dos avant de partir tranquille faire un trekking de 8 mois au Pakistan, et puis il y a nous, force 12 sur l’échelle de l’angoisse. Pour notre défense, je dirai qu’on a essayé la zen attitude en Thaïlande, portés par le vent comme des backpackers en folie. Ça s’est tellement mal passé qu’on a depuis décidé d’assumer la tête haute notre stress paranoïaque.

Bref, devant tant de dangers, je ne vois que 2 solutions possibles. La première: je sais de source sûre grâce à People Magazine que Leonardo DiCaprio réside une grande partie de l’année à New-York. Il suffit simplement de louer l’appartement voisin du sien afin de profiter gratos de ses gardes du corps à l’entrée de l’immeuble! La deuxième solution: se loger à côté d’un 'Dunkin Donuts'. Comme ça, même en cas de frénésie criminelle ou de catastrophe nucléaire qui nous oblige à nous terrer chez nous (rappelons que la fin du monde est prévue pour le mois de décembre), on ne manquera jamais du nécessaire.

A New-York plus qu’ailleurs, la vie est une question de priorités.

jeudi 14 juin 2012

New York, New York


 



Version Sinatra


Version Delphine

 

Start spreading the news, 
I’m leaving today
I want to be a part of it 
New York, New York
These vagabond shoes, 
Are longing to stray
Right through the very heart of it  
New York,New York
 
I wanna wake up in a city,
That doesn’t sleep
And find I’m king of the hill - top of the heap
 
 
These little town blues
Are melting away
I’ll make a brand new start of it - in old 
NewYork
If I can make it there, 
I’ll make it anywhere
It’s up to you - New York, New York
 
 
New York, New York
I want to wake up in a city, 
that never sleeps
And find I’m a number one,
Top of the list, 
King of the hill
A number one
 
These little town blues, 
Are melting away
I’m gonna make a brand new start of it - in old
New York
And if I can make it there, 
I’m gonna make it anywhere
 
It’s up to you - New York, New York

 


 
Après bien des semaines, 
De souffrance et de peines
Dans quelques mois je serai à  
New York, New York
Des donuts à gogo, 
Au chocolat au coco
Car tous les magasins sont à 
New York, New York

Obiwan a trouvé un stage 
d’octobre à janvier
Et en hiver, pour se réchauffer il faut manger



Krispy Kreme ou Dunkin
Tous attendent Delphine
Ils me tendent les bras, m’appellent à 
New york
J’adore San Francisco, 
Mais pour les donuts c’est zéro
Alors cap sur New York, New York

 
New York, New York 
3 mois pour se faire plaisir, 
On s’en fout de grossir
Et même à Noël des donuts, 
Au nouvel an,
Pour Halloween, 
Pour Thanksgiving

Durant 3 mois entiers, 
Au petit déjeuner 
Un donut  c’est parfait pour accompagner  un thé
New York
Enfin ma récompense
Après tant de souffrance
 
C’est ma revanche, New York, New York




dimanche 10 juin 2012

Hommage à J.K. Rowling


Cinq ans après le reste du monde, j’ai terminé le dernier bouquin de la saga Harry Potter. Obiwan avait longtemps insisté pour que je la lise, mais je ne sais pas pourquoi ça ne m’inspirait pas. C’est maintenant chose faite! Avec seulement 7 livres, J.K. Rowling est devenu la deuxième personne la plus riche d’Angleterre, juste après la reine. Des millions et des millions de dollars, avec une simple histoire d’un petit sorcier… Eh bien J.K., laisse-moi te dire quelque chose: tu peux te rouler dans tes royalties, parce que ton succès, tu le mérites comme personne!

Jusqu’à maintenant, mon modèle dans la vie c’était plutôt Angelina Jolie. Je veux dire, ce n’est pas donné à tout le monde de s’habiller chez les grands couturiers tout en ayant les moyens de se donner bonne conscience. Alterner les cachets de 15 ou 20 millions de dollars et les soirées tapis rouge, avec les missions sur le terrain pour l’ONU. Partir visiter un camp de réfugiés bosniaques avant de descendre dans un hôtel 18 étoiles de la station de ski huppée la plus proche… C’est la vie idéale, quoi! Se coucher le soir dans ses draps en satin tout en aillant aucun remord de ce qu’on a fait pendant la journée… Mais il y a tout de même une grande injustice avec Angelina, c’est au niveau du mérite et du talent; parce que, il faut bien l’avouer, elle est indubitablement une grande actrice de navets… Certes, la porte des Oscars a contribué à changer son image, mais malgré les 2 ou 3 drames psychologico-intenses dans lesquels elle a joué, elle reste abonnée aux rôles à la Lara Croft… Quand on voit les gens se vautrer dans le luxe, on aimerait bien qu’ils le méritent un peu, sentir qu’ils l’ont vraiment gagné! Voilà pourquoi J.K. Rowling a pris la place d’Angelina, on ne peut rien lui reprocher!!!

Ce n’est pas tant le fait d’avoir pondu une histoire où chaque détail a une signification, où chaque chose est expliquée et où le moindre évènement minime a une importance capitale; elle avait tout planifié, elle savait exactement où elle allait; depuis le premier chapitre du premier bouquin jusqu’au dernier chapitre du dernier bouquin, elle avait tout imaginé, tout tracé, tout prévu. Comme une schizophrène, elle a crée un autre monde, lui a donné vie et y a entrainé ses lecteurs. C’est complètement fou d’avoir eu le géni d’inventer tout ça mais bon, elle l’a fait. Non, ce qui est absolument incroyable, c’est d’être aussi doué pour écrire. D’inventer des personnages et d’être capable d’évoluer en même temps qu’eux dans leurs émotions et dans leurs parcours. De grandir avec eux, de relater les étapes d’une vie sans jamais tomber dans la lourdeur, de souligner sans insister et de comprendre sans se forcer. De jongler avec les genres tout en maintenant un équilibre. D’être capable d’écrire dans une manière qui plaise aux 7 ans et aux 77 ans, de toucher toutes les générations sans distinction. De savoir traiter des thèmes vieux comme le monde pour en faire quelque chose de complètement nouveau et jamais raconté. Comme on dit que pour vivre il ne suffit pas d’être vivant; et donc pour être écrivain il ne suffit pas d’écrire. Et les rares qui possèdent ce talent n’ont même pas besoin d’écrire un pavé néo-cérébral intellectuellement inaccessible au commun des mortels pour qu’on s’en rende compte! C’est simplement évident.

Profite bien de tes millions J.K.Rowling, tu les as amplement mérités !!!

mercredi 6 juin 2012

Las Vegas Part 2 : Vini, Vidi, Vici


C’est en partant pour Vegas que j’ai pris conscience d’une énorme fraude. Comme tout le monde le sait, les stars à Hollywood habitent sur les collines de Beverly Hills, dans des maisons/ châteaux avec courts de tennis et piscines à gogo. Or, bizarrement, dans les magazines à potins, elles se font toujours photographier au Mexique ou à Saint-Barth’, jamais sur les plages de Californie. Pourquoi partir ailleurs quand on peut bronzer chez soi? Moi, quand j’habitais en Guadeloupe, je ne ressentais pas le besoin d’aller en vacances aux Seychelles, (bon, en même temps j’avais 11 ans)! Et bien la vérité, que je n’aurais d’ailleurs jamais découverte si à l’aéroport de San Francisco ils n’affichaient  pas sur les écrans des salles d’embarquement les températures à destination, c’est qu’à Los Angeles il fait froid. Oui madame! Le 29 mai, à Los Angeles à 3 heures de l’après-midi, il faisait 22°C! Essaye de tremper un orteil dans l’océan avec une fraicheur pareille! Je suis désolée de casser le mythe de la chaleur harassante en Californie, mais il me semble que les gens ont le droit de savoir, on nous a assez menti! Il est temps de dénoncer cette arnaque au soleil. Quand une personne fait « You-ouh-ouh!!! » devant un thermomètre qui affiche 19 et s’empresse d’enfiler un mini-short, ça ne veut pas dire que c’est l’été! Ça veut juste dire que son pays ne lui offre pas beaucoup plus d’espoir!!!

Heureusement, à Vegas, j’ai eu largement de quoi miser sur mon capital cancer: à 10 heures du matin, il faisait déjà 40°C. Aaaaaaaaaaah! Ça c’est la définition du bonheur! ‘Bonheur: n.m désignant la béatitude que l’on ressent à la vue de ses pieds qui enflent et de son corps qui s’alourdit sous l’effet suffoquant d’un soleil de plomb’ (dictionnaire Lerusse, édition 98). La canicule a été ma meilleure amie à Vegas, elle ne m’a jamais trahie (pas comme cette fouine de roulette). Mais avant la chaleur, à l’intérieur même de l’aéroport, on a d’abord été accueillis par les machines à sous, pour les gens très pressés qui ne peuvent pas attendre d’arriver à l’hôtel pour commencer à parier leur épargne retraite, et les publicités où des filles à moitié à poil te proposent d’acheter des bazookas en soldes (ça c’est bien pensé, faire la promotion de flingues dans une ville ou 90% des gens finissent frustrés devant une table de blackjack…). Sur les tracts qui sont distribués en ville, les filles ont enlevé le reste de leurs vêtements et te proposent de les appeler si jamais tu fais partie de ceux qui n’ont pas tout perdu au casino (il me semble que le Nevada est le seul état où la prostitution est légalisée)…




















Ce qui est bien à Vegas, c’est que les hôtels comptent sur le fait que tu vas jouer plein d’argent dans leur casino, et ils t’offrent alors des tarifs à moindre prix pour habiter chez eux. Nous, on est descendu au Ceasar palace, un des plus gros hôtels, situé en plein milieu du strip. Un peu blingbling mais magnifique tout de même, avec des fresques au plafond, des statues de Jules César en pagaille et des Venus de Milo à côté de chaque fontaine. Malgré des dizaines d’affiches proclamant ‘She’s back!’ et ses chansons tournant en boucle dans l’ascenseur, pas de trace de Céline à l’horizon, ni de René aux tables de poker… En fait, on n’a vu personne de connu, malgré les MTV movie awards qui devaient avoir lieu le lendemain dans un hôtel pas loin. On a aussi loupé de peu l’élection de Miss USA; 2 jours après notre départ, elles sont venues au Ceasar faire un SPA et une séance photo en maillot de bain (quand je dis qu’Obiwan n’a vraiment pas eu de chance à Vegas…).

Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que, outre les casinos, Vegas est réputé pour quelque chose en particulier: les buffets. Et parmi les buffets, le plus connu, c’est celui du Bellagio. Donc, en touristes bien élevés que nous sommes, on est évidemment partis remplir notre devoir de gonflage d’estomac dans le bastion d’Ocean’s 11 (pas qu’on ait eu à beaucoup marcher, c’était l’hôtel voisin du nôtre). Comment décrire le buffet du Bellagio? Pour ne pas citer l’expression favorite de notre Carlita nationale, c’était merveilleeeux! Du poisson, des salades, des pizzas, des pâtes… Chaque comptoir avec sa cuisine: américaine, italienne, japonaise… Il m’a fallut 3 assiettes différentes, juste pour le salé. Et 1 autre pour le sucré:





















Je sais, c’est beau. L’univers se rattrape comme il peut du dessert qu’on m’a infligé à mon mariage.

Et puis, bien sûr, il y a les hôtels. Enormes, somptueux, tous avec un thème différent: Venise, L’Egypte, New-York, Excalibur… Des sculptures gigantesques en préfabriqué, des reproduction de monuments célèbres, des spectacles... on se croirait dans un décors de Hollywood, c’est complètement surréaliste. Une minute suffit pour changer de monde, comme à Disneyland, à la seule différence qu’à Disneyland on ne croise pas Minnie les 2 mains occupées par une pinte de bière, elle a l’obligation d’être un minimum sobre pour poser sur les photos et grattouiller les têtes des gamins. Comme quoi, c’est peut-être Las Vegas, finalement, the happiest place on Earth…




samedi 2 juin 2012

Las Vegas part 1 : money, money, money


Une chose est sûre, on n’est pas revenus millionnaires. Loin de là! Et à bien y réfléchir, Las Vegas  n’est peut-être pas fait pour nous, moi qui ne suis que modérément attirée par les jeux et le casino et Obiwan qui est un gros radin de base. Oh! Là! Là! Comment elle est!!! Elle traite son mari de radin, elle est pas sympa!!! Mais bien sûr!!! Il est radin, il le sait et il est fier! C’est dans ses gênes, tous les Indiens sont comme ça! Si, si! C’est vrai, la preuve:

                                  

Mais bon, for the sake of it, on a quand même un peu joué. C’est le mythe de Las Vegas quand même! C’est d’ailleurs un peu déstabilisant de voir ces milliers de personnes confinées dans la pénombre des hôtels de luxe fixer comme des zombies les écrans des machines à sous, pariant sans cesse sur le prochain coup. On se laisse prendre au jeu, on racle son porte-monnaie, à la recherche du moindre quarter ou du moindre centime en se disant que ce n’est pas grand-chose, juste quelques petites pièces insignifiantes, et on s’en veut à la sortie quand on voit des sans-abris sur la route qui te demandent un dollar.

Il a fallut aussi décider sur quoi on voulait miser. Le poker, on ne sait pas jouer. Le craps, une possibilité mais j’ai depuis toujours une malchance incroyable aux dés. Les machines à sous, Obiwan était à la base complètement contre, il ne voulait pas qu’on s’y frotte. Le problème avec Obiwan, c’est que quand il dit quelque chose, on ne sait jamais si c’est l’Indien, le radin ou le scientifique qui parle. Comme la fois où j’avais mal refermé la porte du congélo, et que le lendemain les frites et les poissons à l’intérieur étaient devenus tout mous. Pour lui, c’était pas grave («oh! là! là! Vous êtes des chochottes, les Européens!!!... ») mais je me suis quand même demandée si c’était parce qu’il ne voulait pas jeter tant de bouffe, si son estomac était blindé contre les variations de température, ou si la structure moléculaire du surgelé n’avait pas encore eu le temps de se détériorer (comme il me l’a si bien appris un jour où il se moquait de mon sac isotherme). Le pire, c’est qu’il avait raison. On est toujours en train de manger notre poisson décongelé/recongelé, et ça ne nous a jamais rendu malade (petite pensée pour ma maman qui va lever les bras au ciel en lisant ces ligne)… A Vegas, je n’étais pas sûre si son aversion pour les slot machines venait du fait qu’il avait peur que de petit en petit j’y épuise un seau de jetons, ou si les chances de gagner étaient vraiment trop basses… Moi j’aime bien les machines à sous! Cette petite seconde où tu baisses le lévier remplie d’espoir et que tu vois défiler les 7 en priant mentalement : «pitiépitiépitiépitiépitiépitiépitiéMERDE!». Mais Obiwan campait fermement sur ses positions, comme un pas rigolo qu'il est: «Blablabla… Probabilité de gagner nulle… Blablabla… Une sur un million…Blablabla… Complètement aléatoire…Blablabla…Vaut pas le coup…Blablabla…Tout l’avantage pour le casino… Blablabla… ».

On a fini par opter pour la roulette, qui t’offre apparemment plus d’opportunités de rentabiliser ta mise (genre 1 sur 36). Mais alors!!! Je n’ai jamais vu une poisse comme la nôtre. On mise noir, ça sort rouge. On vise pair, ça sort impair. On met nos chips sur la première et la deuxième colonne, la boule s’arrête sur un numéro de la troisième… Alors que tous les gens font la queue devant les caisses pour se faire rembourser 50, 100, 350 dollars, nous on a lamentablement tendu nos 6 jetons… 

En fait, au casino, il y a les gens comme ça:


Et il y a nous :


Devant tant de malchance, mon pauvre Obiwan a perdu la tête et ses convictions et m’a laissée tenter le coup dans les machines à sous. Eh bien franchement, ça vaut pas le coup les machines à sous; c’est complètement aléatoire et les chances de gagner sont trop basses. Tout est calculé pour que ce soit le casino qui gagne, ça sert vraiment à rien!...

Moralité : pour remettre un couple d’accord, rien ne vaut un séjour à Las Vegas!