On est partis voir ‘Brave’ au
cinéma. A la base, on n’était pas vraiment emballés à l’idée d’aller voir ce
film, les extraits n’ayant pas l’air transcendants (et après visionnage on
avait bien raison); mais on voulait marquer le coup qu’on habite juste à côté
de l’endroit où il a été conçu. A chaque
fois qu’on prend le bus pour aller à San Francisco, on passe devant les studios
Pixar, à Emeryville, à une quinzaine de kilomètres de la maison. La première
fois que j’ai aperçu l’entrée avec Pixar écrit en grosses lettres noires, ça
m’a fait le même effet que si je m’étais trouvée au pied de la colline de
Hollywood. En tant que fan intemporelle de Walt Disney, je supplie
régulièrement Obiwan qu’on regarde tel ou tel film. Les Indiens ne sont pas du
tout dans les dessins animés. En même temps, c’est compréhensible, étant donné
que leurs films sont déjà pleins de chansons, de danses et d’héroïnes aux
cheveux perpétuellement gonflés par le vent et à la garde-robe de Cendrillon
après mariage. Quand il était petit et qu’il partait au cinéma avec sa famille,
c’était toujours pour voir un Bollywood (en plus un film indien ça dure trois
heures, ce qui permet aux parents d’avoir la paix beaucoup plus longtemps!).
Mais depuis qu’il est avec moi, il a été obligé de se mettre à la page au moyen
d’un long processus fait de chantage et de négociations laborieuses (généralement,
j’échange 3 Disney contre 1 Godard)…
A mon avis, ce dernier Pixar
était certainement l’un des moins bons; en même temps on ne peut pas toujours
taper aussi haut que ‘Up’ ou ‘Nemo’. L’histoire tient à peine debout et l’humour un peu grossier serait plutôt
digne de Dreamworks. En fait, la meilleure chose dans le film c’était le
court-métrage qui l’a précédé (du 100% Pixar)! Mais bon, on a bien droit à
quelques erreurs de temps en temps! Et puis c’est toujours agréable de regarder
un film, et encore plus aux Etats-Unis! Ici, le pop corn medium équivaut
facilement à un XL européen. D’habitude en France, j’ai fini de manger avant même
que le film commence. Là, on n’avait pas encore terminé le nôtre dans le bus
pour rentrer à la maison. Et le pire, c’est que si on commande un large, on
peut venir remplir son sac à volonté (bon, je ne suis pas sûre non plus
que les gens se lèveront en pleine séance pour un refill, à moins que le film
soit vraiment vraiment mauvais)! Il n’y a pas de salé ou sucré. Le goût est toujours
neutre, et on te demande si tu veux du beurre liquide dedans. Sur une table à
coté, il y a plein de bouteilles de poudre de différentes saveurs, fromage,
caramel, sauce Ranch, chilly… qu’on verse sur le pop corn pour l’aromatiser
selon son goût. Avant le film, il y a très peu de pubs et beaucoup d’extraits.
La première fois, on avait choisi le cinéma le plus vieux de la ville, avec
l’architecture ancienne et un type qui vient annoncer dans un micro que le film
commencera dans 2 minutes alors éteignez vos portables s’il vous plaît.
Maintenant, on va plutôt dans un autre ciné avec les fauteuils qui se balancent
et un écran un peu plus grand.
Par contre, tout comme en France,
les numéros ne sont pas attribués, et sur ce point là, les cinémas occidentaux
devraient s’inspirer de l’Asie! Que ce soit en Inde ou à Hong Kong, au moment
où on achète sa place on doit choisir où on veut s’asseoir. Ça évite de courir comme
un forcené dans les couloirs pour trouver le meilleur siège, ça évite qu’une
famille avec 15 gosses te demande si tu peux te pousser de quelques mètres
quand tu avais réussi à te coller pile au milieu en face de l’écran, et ça
évite de te faire doubler après 45 minutes d’attente par un type qui vient
juste d’arriver parce que tu avais besoin d’aller aux toilettes!!! En Inde, le
cinéma est une telle institution que les places n’ont pas le même prix selon
l’endroit elles sont situées dans la salle. Comme pour les concerts, quoi!
Bref, tout ça pour dire que,
malgré tout, on a vécu un de ces moments 100% US, dans notre cinéma avec les
films écrits à l’ancienne, notre grand seau de pop corn parfumés au fromage, à
regarder un Pixar made in only 15 minutes from home, avec juste avant le
générique de fin un hommage à Steve Jobs (qui, lui non plus, n’habitait pas
très loin). Que ce soit par la magie de Hollywood où simple spectateur dans un
fauteuil qui se balance, rien ne vaut le cinéma pour (re)prendre conscience de
son rêve américain!
