Jeudi dernier, on est partis pour la première fois à San
Francisco. La découverte a vraiment été à la hauteur de nos espoirs. Les rues
en pentes, les maisons collées les unes contre les autres, le Golden Gate
bridge et les lions de mer… Pour l’occasion, j’avais mis mon nouveau jean,
acheté en soldes à Montpellier, et une petite touche de sindur dans les
cheveux. Obiwan n’était pas très content parce qu’il n’aime pas quand je fais
ça, mais en même temps il a pas osé dire grand-chose parce que c’était la
journée internationale de la femme, et il avait pas le droit de me gonfler.
Je reconnais que ce que je fais ne relève pas du bon sens le
plus percutant. Normalement, je suis censée mettre du sindur tous les jours
mais j’ai choisi de ne pas le faire. En Inde, il y a des femmes qui donnent
vraiment cette impression que le mariage était la consécration ultime de leur
existence. Elles s’aplatissent bien les cheveux au milieu et se tartinent la
raie d’un énorme trait rouge vif, on voit que ça. Pin ! Pon ! Pin !
Pon ! Attention je suis mariée. A la base, je trouve ça joli de se faire
un petit point discret, mais je n’ai pas
voulu suivre cette tradition pour une raison en particulier : je ne suis
pas persuadée que le sindur est si inoffensif que ça ; bizarrement, j’ai vu
énormément de femmes en Inde fortement dégarnie au niveau frontal, et je me
demande si cette poudre rouge n’est pas légèrement abrasive sur les bords… J’ai
vraiment pas envie de me retrouver chauve à 40 ans… ça ferait encore plus
ressortir mes sourcils et mon menton...
Mais c’est vrai qu’en certaines occasions, j’aime bien m’en
mettre une petite touche, pour les jours importants et pour mes
« premières fois en tant que mariée ». Et jeudi dernier, on a
cumulé : le 08 mars, c’était ma première fois à San Francisco, avec mon
premier « Woman’s Day » et mon premier Holi en tant que femme mariée
(donc raison de plus pour mettre un peu de couleur ». Ça fait plaisir de
refaire un tour de calendrier et de souligner le fait que par rapport à l’année
d’avant, quelque chose d’important vient de marquer notre vie.
Obiwan trouve ma logique complètement débile, et il a
raison. Je n’enlève pas mon alliance sous prétexte que ce n’est pas mon premier
voyage ou que l’on n’est pas le 14 juillet. Mais bon, voilà, c’est comme ça. Et
une fois que j’aurai épuisé tous mes premiers Pâques ou Noël ou Republic Day,
il ne me restera plus beaucoup d’occasion de porter du sindur.
Et ce qui est génial aux Etats-Unis, c’est que personne n’y
fait attention. Personne ne m’a jeté un regard de travers en se demandant si
j’avais rencontré des problèmes de sauce en mangeant un hamburger. Pas qu’ils
soient très habitués à voir déambuler dans les rues des femmes pleine de vermillon,
parce que très sincèrement les Indiens, ici, je les cherche encore, mais chacun
sa vie, quoi ! Que ce soit du je-m’en-foutisme total ou de la tolérance à grande échelle, ça rend
subitement la vie vraiment très facile.
Etats-Unis : 1. Reste du
monde : 0.
Bien vu pour la tolérance ou le je m'en foutisme, mais on peut espérer que c'est bien de la tolérance. On attend avec impatience la suite de tes impressions sur San Frisco.
RépondreSupprimerBisous