lundi 30 avril 2012

Et Dieu créa Godard


Ça fait 2 mois qu’on est arrivés au Etats-Unis, et on vient enfin de décider quel sera le premier film qu’on ira voir au ciné. Parce que le cinéma, pour les Indiens, c’est sacré; et donc,  ça ne se décide pas à la légère. Dans 10 ans, il faudra se rappeler que la première fois qu’on avait été au cinéma aux Etats-Unis, c’était pour voir tel ou tel film. On parle de responsabilités ici! Donc, évidemment, Obiwan voulait voir un bon film, par exemple un film albanais ou roumain (sans sous-titres parce que la vérité est dans l’image), quand moi je penchais en faveur d’un popcorn movie typiquement américain. Genre le prix du certain regard au dernier festival de Cannes pour lui, et le nouveau super héros Marvel pour moi. Drame psychologique vs effets spéciaux. Film indépendant vs grand spectacle. Succès critique vs popularité…

Finalement, on s’est décidés pour ‘Dark shadows’, le dernier Tim Burton avec Johnny Depp (un film de Tim Burton avec Johnny Depp, c’est rare), qui a l’air très dôle et en même temps qui s’assume complètement. Parce qu’Obiwan ne m’a pas encore pardonné certaines merdes que je lui ai fait voir à Hong Kong comme ‘Dance Subaru’ et ‘Ong Bak 2’ où tu te flagelles à la sortie du film d’avoir osé payer pour ça (je l’admets, those were not my finest moments…). ‘Dark shadows’ promet d’être compatible avec le seau de popcorn avec du beurre dedans et l’analyse cinémato-philosophique sur la réalisation post-moderne qui va s’ensuivre… Tout un programme.

Si on veut regarder un dvd le samedi soir, c’est la même chose. Cela nécessite des heures de négociation et de débats acharnés, chantage et droit de véto inclus, pour arriver à un compromis.  Et l’arbitre final, celui vers lequel on se tourne invariablement pour plaider notre cause, c’est toujours le site imdb.com, qui établit des notes de 1 à 10 (8 étant déjà très bon et 6 très mauvais). Mais bizarrement, imdb penche plus souvent de son côté que du mien.  Il faut dire qu’Obiwan est plutôt ça :


Quand moi je suis ça :



Oui, je sais; ça devrait être le contraire. Après une étude comportementale très poussée, on a déterminé de façon certaine que j’étais Indienne dans une vie antérieure. Pour Obiwan, on se pose encore la question à savoir s’il était Français  ou simplement pas drôle. Le jour où il m’a montré un Lelouch, j’en ai pleuré tellement c’était nul… Il a cru que j’étais émue.

Au moins, quand on prend l’avion, chacun le casque sur les oreilles regarde ce qu’il a envie! Et comme je suis déjà nouée de stress, je choisis généralement des films au quotient intellectuel proche du crustacée. En avion, il me faut du léger. Ne surtout pas réfléchir, ne surtout pas se poser de questions… J’ai visionné mes plus grands navets sur des vols longs courriers. Et Obiwan à côté lève les yeux au ciel et tente : « Non, sérieux, tu vas pas regarder ça, quand même??? C’est pas possible, je ne peux pas laisser ma femme voir ce genre de films, quelle honte!... ». Il se pousse le plus loin possible et fait semblant de ne pas me connaître mais ça marche pas, car dès qu’il y a un trou d’air je bondis sur mon siège et je me cramponne à son bras. Là, il se sent obligé de me tapoter l’épaule en disant : « Ne t’en fais pas, c’est normal, le pilote sait ce qu’il fait... ». Eh bien, si je m’en fais! J’ai la trouille en avion, et tout ce que je sais c’est qu’à chaque fois que j’en prends un, je mets ma vie entre les mains d’un type qui a lui seul le pouvoir de me conduire à destination... Et « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ».

Mais ça, c’est pas moi qui le dis. C’est l’oncle de Spiderman.

jeudi 26 avril 2012

Baby blues


Parfois, après un repas particulièrement copieux, je me tire le t.shirt tout près du corps pour mouler mon ventre bien rempli et je m’approche d’Obiwan en lui disant : « J’ai un truc à t’annoncer… Je suis enceinte. ». C’est une blague qui ne loupe jamais. Son teint se colore d’un joli vert printanier et il se met à bafouiller : « Mais… Que…Be… ».

En même temps je le comprends, le pauvre. De nos jours, avoir un enfant est devenu trop stressant! Par exemple, aujourd’hui, les parents n’ont plus des filles ou des garçons ; ils ont des princes ou des princesses. Et ça ne veut absolument pas dire que nos parents nous ont moins aimés à l’époque où on était de simples roturiers, non, c’est juste histoire de rajouter un peu de pression sur les nouveaux géniteurs déjà complètement désemparés. Parce que ça la fout mal de se pincer le nez quand on change la couche d’un prince. Tout comme il est impensable d’entendre quelqu’un s’exclamer : « Oh! La! La! Je suis crevée! Ma princesse me bouffe mes nuits, j’en peux plus! ». Le nouvel avènement de la royauté dans les foyers n’oblige plus seulement à être des parents mais des parents comblés. Si c’est pas placer la barre très haut, ça…

Avant, nos parents inexpérimentés trébuchaient contre le trottoir et nous faisaient faire trois tonneaux dans nos landaus. Ils tournaient le dos 2 minutes et on était par terre en train de manger la pâtée du chat. Aujourd’hui, il faut lire 15 bouquins de psychologie infantile pour être sûr que si on donne une carotte à son gamin à 6 mois moins 3 jours il ne sera pas traumatisé. Dans le sac, il faut avoir en permanence le dernier bestseller : « Essayer de rattraper ses misérables actions de parent indigne pour éviter d’aller rôtir en enfer pour l’éternité » ; ou comment redonner confiance à son enfant quand on a oublié de lui crier au parc devant tout le monde : «T’es le meilleur, Marcel! Maman t’aime très fort!!! ». Parce que, les docteurs sont tous formels : le manque d’encouragement au toboggan ça peut ruiner une vie.

Comme tous les Indiens, Obiwan a dormi pendant les premières années de sa vie dans le lit de ses parents. Jusqu’à ce que sa sœur naisse et qu’il se fasse éjecter dans une autre pièce. En Occident, une histoire pareille se finirait obligatoirement sur le divan d’un psy! « Ouééééééé! J’ai toujours pensé que mes parents préféraient Prosper plutôt que moi! Et d’ailleurs, ils lui donnaient toujours beaucoup plus de chocolat, mais je ne pense pas que ça a quelque chose à voir avec le fait qu’il était rachitique, vous savez!... ». En Inde on ne se pose pas tant de questions et Obiwan n’a pas l’air d’être plus traumatisé que ça. Il s’entend très bien avec sa sœur et n’accable pas ses parents de tous les maux du monde… Peut-être parce que chez lui on ne fait pas tout un foin avec les enfants. On fait un foin avec le mariage. Le moment le plus important, l’aboutissement d’une vie, c’est le mariage, et on ne mérite son titre de prince et princesse qu’à ce moment là, pas quand on a 4 mois et qu’on vomit partout! Même que chez les Bengalis, on a droit à sa couronne en carton et polystirène véritables pour bien marquer le coup ! (Ah ! La couronne avec la plume au bout, j’en ai encore les larmes aux yeux quand j’y pense…). Ce jour là, ce n’est que : « Oh! Mais que tu es joliiiiiie! ». Ce qui nous fait tout de même un point commun avec les bébés : les jeunes mariées c’est comme les nouveaux nés ; personne ne dira jamais que c’est moche. (Même avec une couronne en carton et une plume au bout…).

Un autre truc stressant quand on a des enfants, c’est cette nouvelle mode de dévoiler le sexe mais pas le prénom. Genre avant, les parents en devenir disaient : « Si c’est un garçon on l’appellera Norbert et si c’est une fille Bianca.». Maintenant, la ‘surprise’ n’est plus pour le couple mais pour les autres! Il faut impliquer son entourage dans le suspens de la grossesse, et ça met encore plus de pression. Moi j’aurais trop peur que quelqu’un me dise : « Ben, c’est votre enfant, on s’en fiche complètement, nous, de comment vous allez l’appeler! ». Et ça enlève un des seuls moments agréables de l’attente: le débat avec la famille sur les prénoms potentiels. « Et pourquoi pas Azalée? », « Pitié, non! Ne lui infligez pas ça à cette pauvre gosse!... », « Papi je t’aime beaucoup, mais je ne peux décemment pas appeler mon bébé Aristide… ».

Oui. C’est vraiment devenu trop difficile d’avoir un gamin de nos jours, et Obiwan a déjà assez de stress comme ça dans ses études ou son travail. Toujours préoccupé, constamment sous pression…Il faudrait vraiment qu’il se détende un peu. Tiens, j’ai beaucoup mangé à midi. Je vais aller lui faire une blague…!

samedi 21 avril 2012

Femme d'expat, moi? Jamais!


Ma routine aux Etats-Unis est bien enclenchée. Je vais à la salle de sport 2 ou 3 fois par semaine, et les lundi, mercredi et vendredi, je pars à l’université ; j’ai demandé à un prof si je pouvais venir dans sa classe de Bengali et il m’a acceptée. Malheureusement, c’est une classe qui a commencé il y a 6 mois et je n’ai pu assister qu’aux dernières séances. Dans une semaine, ce sera les vacances d’été, le cours sera fini et je commencerai ma formation bénévole à la SPA du coin.

Je sais. Tout ça sent les activités de femme d’expat' à plein nez. Et bien, non ! Ô combien non ! Je m’insurge, je m’indigne, je m’offusque ! Je ne suis pas une femme d’expatrié du tout. C’est complètement différent. D’ailleurs, il y a tout un tas de pré requis essentiels dont je suis dépourvue, m’interdisant donc d’appartenir à cette catégorie (et toc !). Démonstration mathématique :

  • La nationalité

Couple d’expat' de base
Le couple mixte est toujours composé du mari blanc et de la femme asiatique. En 2 ans à Hong Kong et des centaines d’heures d’observation, je n’ai jamais, jamais, jamais vu un couple inverse. Enfin, si, une fois dans le tram il y avait une blanche avec son mari chinois, mais ça compte pas, c’était des touristes américains.

Probabilité chez le couple Obiwan : 0%
Obiwan est marron et je suis blanche ; brune et poilue certes, mais blanche quand même !...

  • L’âge

Couple d’expat' de base
La normalité, c’est vraiment un très grand écart d’âge entre Monsieur et Madame. 10 ans au minimum, 15 ans c’est mieux. Il est  très important pour Monsieur d’avoir quelqu’un de jeune dans son lit et très important pour Madame de savoir qu’elle ne s’emmerdera pas trop longtemps avant de toucher un petit héritage dans quelques années…(Mais non ! Je rigole ! Quand un mec de 50 piges est avec une femme de 20, c’est parce qu’ils s’aimeeeeeeeent !!!)

Probabilité chez le couple Obiwan : 0%
Bon, y’a rien à dire. On a 2 ans d’écart et c’est moi la mamie. Je serai pleine d’arthrose avant lui et on bavera ensemble dans nos fauteuils roulants…Au suivant !

  • Le niveau social

Couple d’expat' de base
Alors là, il y a 2 écoles. Normalement, dans 90% des cas, Monsieur prend pour femme une chinoise qui a passé les ¾ de sa vie à l’étranger, qui a fréquenté les meilleures écoles et qui parle anglais avec un accent américain. Il faut tout de même un certain niveau de classe pour pas faire tâche dans les cocktails. Mais certains préfèrent une vie plus authentique avec une vraie personne du terroir, mais leurs gosses iront malgré tout étudier à Harvard ou MIT. (Faut pas pousser, hein…).

Probabilité chez le couple Obiwan : 5%
Je ne suis pas ignare mais je n’ai pas fait Yale non plus… Mais bien sûr, si un jour j’ai des gamins, je voudrais qu’ils aillent dans les meilleures universités possibles. Comme je l’ai si bien lu sur un mug que j’ai failli acheter : « Je veux que mes enfants puissent s’offrir tout ce que je n’ai pas eu ; et là, j’irai vivre chez eux ! ».

  • Le shopping

Couple d’expat' de base
Madame déambule dans les rayons de Prada et Armani pendant que Monsieur regarde la cote de la bourse sur son Iphone (2,3,4). A un moment donné, il tend sa carte bleue à Madame sans même s’en rendre compte et oublie de demander ça revenait à combien, finalement, ce sac en cuir ?

Probabilité chez le couple Obiwan : 45%
J’avoue que quand il s’agit d’aller faire les magasins et d’enfourner des trucs dans un panier, je n’ai absolument aucun problème. Par contre, il faut supporter Obiwan qui s’étrangle à côté : « Fais attention, quand même! Je suis étudiant!!! ». Résultat, on a acheté tous nos ustensiles de cuisine dans un dollar shop qui a mis bien en évidence une pancarte disant que tous les articles sont importés de Chine et qu’ils ne sont pas responsables si jamais on fait une intoxication au plomb.

  • L’hygiène de vie

Couple d’expat' de base
Faire attention à sa santé est un point essentiel pour le couple d’expat' qui fait ses courses au marché bio et téléphone avec une oreillette pour éviter les mauvaises ondes sur le cerveau. Monsieur élimine chaque samedi matin les bières qu’il a descendues la veille avec les collègues grâce à un footing bien rythmé, et Madame est une grande adepte du Hot Yoga, qui détoxifie bien plus que le Yoga traditionnel (avec un jus de poireau au petit dej', c’est é-pa-tant !).

Probabilité chez le couple Obiwan : 37%
Tant que le canapage intensif le nez dans les bouquins ne constituera pas une épreuve aux Jeux Olympiques, on considèrera Obiwan comme un non sportif. Quant à moi, oui, c’est vrai que je vais à la salle de gym ; mais généralement, au lieu de me focaliser sur mes abdos qui se contractent que le prof nous a dit c’est ça qui fait maigrir, je suis en train de planifier ce que je vais manger au repas suivant…


Donc, maintenant, j'espère que c’est clair! JE NE SUIS PAS UNE FEMME D’EXPAT' !!! Rien à voir ! C’est comme comparer des torchons avec des serviettes, des sandales avec des espadrilles, des donuts natures avec des donuts au chocolat ! Je ne reviendrai plus là-dessus, je-ne-suis-pas-une-femme-d’expat'. Merci !

Et sur ce, j'ai des courses à faire!...

mardi 17 avril 2012

Candle in the whim


D’ici a fin de l’année, Obiwan va devoir faire un stage de 3 mois et il commence déjà à se poser la question s’il tentera sa chance du côté de New-York, Londres ou Singapour. De mon côté, les choses sont claires, le 02 septembre, pour mon anniversaire, je ne serai pas ailleurs qu’en Californie !

« Non, mais tu sais, en septembre il fait encore chaud à New-York ! ». Oui, mais c’est pas la question ! « Et puis si on est en Europe tu seras avec ta famille. » Oui mais c’est pas la question ! « Bon, alors c’est quoi la question ? ». La question, c’est que j’ai la chance immenssissime  de pouvoir célébrer mon anniversaire de ce côté du monde, et que je ne vais pas la laisser passer. Parce que concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu’avec le décalage horaire, je vais avoir 30 ans avec 9 heures de retard sur la France, 12 heures sur l’Inde. Ça veut dire qu’au lieu d’avoir 30 ans là tout de suite, je vais rester à 29 pour une demi-journée de plus ! Gna-ha-ha-ha ! Je me suis fait suffisamment arnaquée en Inde et à Hong Kong, où je me suis retrouvée à vieillir en avance, cette fois, je reste à 29 jusqu’au bout, c’est décidé ! Et même, si je pouvais aller à Hawaï ce serait encore mieux. Tiens ! Voilà une idée à creuser…

C’est très marrant comment on évolue. Quand j’étais petite, je commençais à harceler mes parents dès le mois de juin. « Dans 3 mois c’est mon anniversaire ! Dans 2 mois c’est mon anniversaire ! Dans 1 mois et 17 jours c’est mon anniversaire ! ». (Les parents indignes s’ils avaient oublié…). En grandissant, ça a commencé à me faire moins plaisir, mais bon, quitte à y passer, au moins on peut s’enfiler du gâteau et se bâfrer toute la journée… En Asie, j’ai commencé à prendre en compte les décalages horaires : « Bon anniversaire !!! ».  « Oui, non, alors en fait, à cette heure-ci j’étais pas encore née, alors tu repasses dans 2 heures ! Merci ! ». Ce que je ne supporte pas, ce sont les gens qui viennent te souhaiter un joyeux anniversaire à minuit pile, tout contents parce qu’ils ont été les premiers à y penser mais non !non !non ! À minuit, il y a X années (le X n’étant pas un chiffre romain), j’étais pas encore née !!! :’(

En plus de ça, il faut faire face à la pression ambiante qui veut qu’on soit de bonne humeur pour son anniversaire. Ha ! Ha ! Ce n’est pas pour rien qu’on prend toujours en photo le moment où on souffle ses bougies. C’est parce qu’avec les joues gonflées on ne voit pas les larmes qui coulent.

Mais pourquoi est-ce que je me focalise tant sur un anniversaire, alors que j’ai encore 5 mois devant moi ? (5 mois ?! C’est touuuuuuut !?!) Parce qu’aujourd’hui, c’est celui d’une personne très spéciale : ma maman ! (et toc pour la discrétion ! hin !hin !) et voilà pour elle une petite vidéo :




 JOYEUX ANNIVERSAIRE !!!!

vendredi 13 avril 2012

Serment de la Table Ronde


Dans le monde, il y a 2 types de gens : ceux qui mangent pour vivre et ceux qui vivent pour manger. Les gens qui me connaissent bien savent évidemment à quelle catégorie j’appartiens. Les gens qui ne me connaissent pas bien le savent aussi.

A côté de la maison, on a une pizzeria Round Table, et comme ils le disent si bien dans la pub : « Round Table, the last honest pizza ». A noter que je ne m’étais jamais penchée sur le fait qu’une pizza pouvait être malhonnête.  Une pizza c’est une pizza, quoi ! Mais en y réfléchissant bien, la pizza surgelée qui te dit qu’elle va monter dans le four et qui reste en fait désespérément plate n’est pas un exemple de droiture absolue. Tout comme les pizzas de Café O à Hong Kong qui sont soit disant super bonnes pour la santé, mais dont l’ingrédient principal est le pesto ( = huile + herbe + huile + huile). Ce n’est pas très honnête tout ça.

Heureusement, notre Round Table nous a fait le serment que l'on n'aurait pas ce genre de problème, et on a donc décidé d’aller tester la dernière des pizzas honnêtes sur Terre. Et pour cela, on a choisi la plus belle invention du capitalisme : le buffet ‘Eat as much as you like’ (Mangez tant que vous pourrez). Pour ne pas citer une réplique de ma série préférée : This is how I get my money back. Pour $6.99 (+ taxes bien sûûûr), on peut se goinfrer de toutes les pizzas qu’on veut, jusqu’à l’éclatement stomacal. Le bonheur.

On avait un resto indien à Hong Kong qui faisait un buffet comme ça, à chaque fois qu’on y allait, je ressortais en roulant. Et il faut pas croire, une virée comme ça, ça se prépare. Le truc, c’est de ne surtout pas manger le matin, histoire d’avoir le maximum d’espace pour stocker.

Retour en Californie, et nous voilà donc partis la joie au corps et les papilles impatientes. Verdict : très honnêtement, ce n’était pas les meilleeeeures pizzas jamais. Après, la pizza, c’est comme l’éclair au chocolat, ‘even bad, it’s still good’, comme on dit. Donc ce n’est jamais un problème de s’envoyer une dizaine de parts. Mais il vrai qu’avec tant de promesses, on attendait une croûte un peu plus épaisse et du fromage un peu plus abondant.

Dans ce monde de brute, l’honnêteté n’est plus ce qu’elle était. 

lundi 9 avril 2012

Sportacus

Samedi, j'ai été confrontée à un dilemme impossible: 
- Me lever à 8h du matin et aller passer la journée à San Francisco
ou
- Me lever à 8h du matin et partir au cours de gym

J'ai dû choisir entre...:


 et :
 (ou plus exactement) :


...me décider entre:

et :


Autant dire que ce fut l'une des décisions les plus difficiles de toute ma vie! (Corneille avait  déjà été confronté au même choix il y a environ 400 ans...).

Mais finalement, j'ai courageusement sacrifié le sport au profit d'un pique-nique au Golden Gate Park, allongée dans l'herbe derrière une famille d'Américains qui s'obstinait à apprendre au gamin de 7 ans les rudiments du Baseball (comme quoi, la journée a tout de même été sportive pour certains...). 

Avant d'arriver ici, je n'avais jamais réalisé à quel point le sport est la plus belle invention de l'humanité. C'est en découvrant les hot-dog végétariens, les cupcakes et les pizzas à $2 que je m'en suis rendue compte. Quand on fait du sport, on peut se bâfrer de TOUT CE QU'ON VEUT sans remords; on se dit que ce sera éliminé à la prochaine séance de fitness. C'est Pâques. Pas de problème! Envoyez le chocolat, j'ai un cours de zumba demain. Combien? 900 calories? Bah! Mais c'est rien du tout ça!!! En 3 coups de pédale je vais te les éliminer!...

Un esprit sain dans un corps sain. Ou plutôt, un esprit sain dans un corps ok, pas tiptop pour le moment, mais ça va s'arranger, je vais à la salle de sport. Le sport ne sert pas à améliorer la santé; il sert à donner bonne conscience quand on est devant la vitrine d'une pâtisserie. Voilà la vérité.

Et pourtant, malgré mon abonnement flambant neuf à la gym, je crois que malgré tout, j'ai dû prendre un peu de poids. Mon premier indice a été quand un jour je me suis relevée dans le lit et Obiwan a sorti: "Oh! T'as senti? Il vient d'y avoir un tremblement de terre!...".

Peut-être qu'il va falloir commencer à faire un peu plus attention aux calories dans les hot-dogs végétariens, les cupcakes et les pizzas à $2. Mais pas tout de suite. 

C'est Pâques aujourd'hui.

jeudi 5 avril 2012

Vendredi 13

Ce matin j'étais prête à sortir quand mon portable a sonné. Au lieu de continuer ma conversation dehors, je suis restée chez moi, et après j'ai trainé un peu avant de quitter la maison. Pourquoi? Parce qu'on dit que quand on s'apprête à sortir et que quelque chose nous retient (un coup de téléphone, des clés oubliées, un éternuement...), alors il ne faut surtout pas sortir tout de suite. 

Je n'avais jamais réfléchi à ça, mais je me rends compte que j'attache beaucoup plus d'importance aux signes qu'avant. Les Indiens sont très superstitieux, et je crois que ça commence à déteindre sur moi. Il faut dire qu'à la base j'étais un bon candidat: pas que je me monte le bourrichon à l'extrême, mais je préfère quand même éviter de passer sous une échelle, et tant mieux pour moi si je ne me suis pas mariée au mois de Mai!

Je ne veux surtout pas perdre le contrôle face à des croyances en tout genre, mais j'avoue qu'en bonne semi-Indienne que je suis, j'accorde un peu plus d'importance à certains faits, superstitions ou statistiques!...

1.   Chaque chose nouvelle devrait mal commencer; si quelque chose commence trop bien, c'est un mauvais présage pour la suite.

2. Ça porte bonheur de voir un mort. En même temps, les morts en Occident ça court pas les rues, et c'est pas à travers les vitres fumées des corbillards qu'on pourrait apercevoir quelque chose. Mais en Inde, les défunts sont exposés et même si ça ne fait jamais plaisir de croiser la route d'une procession, en l'occurrence c'est un très bon signe.

3. Dans un couple, il paraît que ça porte bonheur si la femme est plus âgée que l'homme (Demi Moore begs to disagree!...), et les mariages où le mari est plus beau que sa femme sont plus heureux que ceux où la femme est plus belle que le mari (Jennifer Aniston rejoint Demi Moore sur ce point...).

4. Une fille ne devrait pas ressembler à sa mère comme un garçon ne devrait pas ressembler à son père. Ça porte malchance. Cool pour moi! Tout le monde trouve que je suis le portrait craché de ma maman! "Alors là pas du touuuut!!!" s'est offusqué Obiwan. "Ben, si quand même...""Non! Non! Tu ressembles pas du tout à ta mère, NE T'EN FAIS PAS!..." Ben, je m'en faisais pas... J'étais même plutôt contente : //

5. Quand on passe sous un pont et qu'un train ou un métro est en train de passer au même moment, ça porte bonheur. (Déjà, le fait que le pont ne se soit pas effondré à cet instant précis mérite un hommage particulier, il faut l'accepter...).

6. Il ne faut jamais faire de plans fixes et définis longtemps à l'avance. Comme on dit: l'Homme propose et Dieu dispose. De dire "on va faire ci, on va faire ça" c'est la meilleure manière de ne pas voir ses plans se réaliser! (Un exemple parmi 1000, affirmer qu'on va se goinfrer de donuts aux États-Unis).

Quel est le secret pour ne pas se laisser bouffer la vie par tout un tas de superstitions? S'attacher seulement  à celles qui sont positives, pour conserver envers et contre tout optimisme et joie de vivre! Un exemple parmi 1000: l'aventure donuts aux États-Unis a très mal commencé; bon. Eh bien dans 3 ans, j'habiterai juste en face d'un Krispy Kreme!

Touch wood!


dimanche 1 avril 2012

April’s fool


Il faut avouer que dans le genre, les Etats-Unis sont beaucoup moins colorés que l’Asie. Par exemple, il n’y a qu’en Inde que j’ai vu un bus de ville plein à craquer s’arrêter dans une station-service pour faire le plein. Il n’y a qu’au Japon qu’en sortant d’un magasin de Mangas, on a été happés par une marée de lycéennes à jupe plissée se jetant sur une probable popstar à lunettes noires en poussant des cris stridents. Il n’y a qu’à Taiwan que les bus n’indiquent pas leur destination mais leur provenance, et qu’en pensant partir visiter Taipei 101, une des tours les plus hautes du monde, on se retrouve devant un champ de riz en bordure d’un village de banlieue ! (Je ne donnerai pas d’exemple avec Hong Kong parce que cette ville est tellement rigide et bien réglée que ça en devient ennuyeux…).

Mais tout de même, en 1 mois ici, j’ai pu noter des petites choses. Pas de quoi écrire un bouquin, ou abreuver d’anecdotes toute une soirée, mais quand même, assez de quoi faire un petit concours !

Alors, dans la catégorie : « ça aurait pu se passer un 1er avril », voici le podium :


Numéro 3 : Petite scène au supermarché avec Obiwan.

-          Ces yaourts, ils sont bien, là. On les prend ?
-          Attends, regarde la date de péremption d’abord.
-          A consommer avant le 18 Mars. On est le combien ?
-          Le 19 Mars.

 
(Danone aux USA)


Numéro 2 : A la télé, exactement entre 2 pubs pour un hamburger (la même d’ailleurs ; genre tu vois une pub pour un hamburger et une minute plus tard, exactement la même pub pour le même hamburger. Qui a parlé de message subliminal ? C’est de la psychologie de trottoir ça ! La subtilité c’est pour les chochottes ! Regarde mon burger ! T’as pas compris ? Tiens ! regarde encore ! Et tiens, encore une fois, sinon tu vas oublier la couleur du bacon !...), donc entre 2 pubs pour le même hamburger, on a vu ça :


Pub Hamburger


(appuyer sur Play pour lancer la video)


Pub Hamburger

A heure de grande écoute, une petite propagande bien sentie, ça fait jamais de mal, hein, faut pas exagérer…

(Dans le genre intéressant, il y a aussi les publicités de cabinets d'avocats qui encouragent les gens à trainer en procès: "Vous avez ou vous connaissez quelqu'un qui a fait une embolie pulmonaire à cause de la pilule Jasmin, appelez-nous. Ne laissez pas passer votre dernière chance de vous faire entendre!".)




Et enfin, le grand gagnant!

Numéro 1 : La grande champione de la catégorie, désignée à l’unanimité est Mme la conductrice du bus à destination de San Francisco qui ralentit subitement à un carrefour d’autoroutes et qui se met à crier : « Est-ce que quelqu’un pourrait me dire par où je dois passer pour aller au Bay Bridge ??? ». Un grand moment d’anthologie. 


Celui qui a inventé le poisson d'Avril devait certainement habiter à Hong Kong!...