Ça fait 2 mois qu’on est arrivés
au Etats-Unis, et on vient enfin de décider quel sera le premier film qu’on ira
voir au ciné. Parce que le cinéma, pour les Indiens, c’est sacré; et donc, ça ne se décide pas à la légère. Dans 10 ans, il
faudra se rappeler que la première fois qu’on avait été au cinéma aux
Etats-Unis, c’était pour voir tel ou tel film. On parle de responsabilités ici!
Donc, évidemment, Obiwan voulait voir un bon film, par exemple un film
albanais ou roumain (sans sous-titres parce que la vérité est dans l’image),
quand moi je penchais en faveur d’un popcorn movie typiquement américain. Genre
le prix du certain regard au dernier festival de Cannes pour lui, et le nouveau
super héros Marvel pour moi. Drame psychologique vs effets spéciaux. Film
indépendant vs grand spectacle. Succès critique vs popularité…
Finalement, on s’est décidés pour
‘Dark shadows’, le dernier Tim Burton avec Johnny Depp (un film de Tim Burton
avec Johnny Depp, c’est rare), qui a l’air très dôle et en même temps qui
s’assume complètement. Parce qu’Obiwan ne m’a pas encore pardonné certaines merdes
que je lui ai fait voir à Hong Kong comme ‘Dance Subaru’ et ‘Ong Bak 2’ où tu
te flagelles à la sortie du film d’avoir osé payer pour ça (je l’admets, those
were not my finest moments…). ‘Dark shadows’ promet d’être compatible avec le
seau de popcorn avec du beurre dedans et l’analyse cinémato-philosophique sur
la réalisation post-moderne qui va s’ensuivre… Tout un programme.
Si on veut regarder un dvd le samedi
soir, c’est la même chose. Cela nécessite des heures de négociation et de
débats acharnés, chantage et droit de véto inclus, pour arriver à un compromis. Et l’arbitre final, celui vers lequel on se
tourne invariablement pour plaider notre cause, c’est toujours le site
imdb.com, qui établit des notes de 1 à 10 (8 étant déjà très bon et 6 très
mauvais). Mais bizarrement, imdb penche plus souvent de son côté que du mien. Il faut dire qu’Obiwan est plutôt ça :
Quand moi je suis ça :
Oui, je sais; ça devrait être le
contraire. Après une étude comportementale très poussée, on a déterminé de
façon certaine que j’étais Indienne dans une vie antérieure. Pour Obiwan, on se
pose encore la question à savoir s’il était Français ou simplement pas drôle. Le jour où il m’a
montré un Lelouch, j’en ai pleuré tellement c’était nul… Il a cru que j’étais
émue.
Au moins, quand on prend l’avion,
chacun le casque sur les oreilles regarde ce qu’il a envie! Et comme je suis
déjà nouée de stress, je choisis généralement des films au quotient
intellectuel proche du crustacée. En avion, il me faut du léger. Ne surtout pas
réfléchir, ne surtout pas se poser de questions… J’ai visionné mes plus grands
navets sur des vols longs courriers. Et Obiwan à côté lève les yeux au ciel et
tente : « Non, sérieux, tu vas pas regarder ça, quand même??? C’est
pas possible, je ne peux pas laisser ma femme voir ce genre de films, quelle
honte!... ». Il se pousse le plus loin possible et fait semblant de ne pas
me connaître mais ça marche pas, car dès qu’il y a un trou d’air je bondis sur
mon siège et je me cramponne à son bras. Là, il se sent obligé de me tapoter
l’épaule en disant : « Ne t’en fais pas, c’est normal, le pilote sait
ce qu’il fait... ». Eh bien, si je m’en fais! J’ai la trouille en avion, et
tout ce que je sais c’est qu’à chaque fois que j’en prends un, je mets ma vie
entre les mains d’un type qui a lui seul le pouvoir de me conduire à
destination... Et « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ».
Mais ça, c’est pas moi qui le dis.
C’est l’oncle de Spiderman.


