mardi 18 décembre 2012

From Hell

Vendredi l'Amérique s'est réveillée. Mais pour ça, il a fallut qu'un dingue de plus aille shooter des pauvres gosses de CP dans une école du Connecticut. Depuis qu'on est arrivés en mars, il y a eu si j'ai bien compté:
- un shooting dans une université en Californie (dans la ville voisine de la nôtred'ailleurs)
- un shooting dans un cinéma du Colorado
- un shooting dans un temple Sikh au Wisconsin
- un shooting dans un centre commercial dans l'Oregon
- et ces pauvres gosses.
Pour résumer, il n'y a absolument AUCUN endroit sûr aux Etats-Unis. Que tu veuilles prier, étudier ou faire des courses, dans tous les cas tu risques toujours de te prendre une balle. Les Américains ont tellement peur de ces scènes de violence dans les écoles qu'ils se tournent de plus en plus vers le 'home-schooling", l'enseignement à la maison.

Pour la première fois, enfin, le débat sur les armes a enragé les médias et les représentants de la NRA se sont fait hurler dessus. Parce que honnêtement, il y a trop de flingues dans ce putain de pays. Par exemple, lundi dernier, à Colombus Circle qui est un endroit très fréquenté à la fois par les New-Yorkais et les touristes, il y a eu un règlement de compte pour une sombre histoire de drogues. En pleine journée et devant les caméras, un type marchait en textant sur son iphone, un gars est arrivé par derrière, il a sorti son flingue lui a tiré une balle dans la tête et est reparti tranquillou. 

La vérité, c'est que le débat sur les armes à feu a vite fait place à celui sur l'encadrement des personnes mentalement instables, et ce dès qu'ils ont su que le gamin en question était autiste ou schizophrène ou quoi que ce soit d'autre. Et encore une fois ça ne fera pas revenir ceux qui sont partis. Dans un cas comme ça les mots ne servent à rien. C'est tellement horrible et inhumain que ça en tord les tripes. La pire chose possible au pire moment possible. A une semaine de Noël, des gamins de 6 ans... Et notre prêtre de Harlem qui s'était chauffé comme un popcorn en moulinant les bras et en criant : "Personne ne peut questionner les méthodes du Seigneur", il a dû avoir de sacrés problèmes pour convaincre ses fidèles qu'il fallait continuer à ne pas poser de questions... Et puis les journalistes ne peuvent pas s'empêcher de mêler un peu de racolage à l'information. Comment est-ce que ça aide le public de savoir que le fou a shooté tout le monde de plusieurs balles à bout portant, que les flics sur place n'avait jamais vu une telle boucherie ou que les parents n'ont pas pu voir les corps de leurs gosses parce qu'ils n'étaient pas identifiables?

Toutes ces horreurs du vendredi, à seulement à 60 miles d'ici, n'ont pas empêché les étudiants New-Yorkais de célébrer Santa Con le lendemain. Santa Con basiquement, c'est le weekend une semaine avant Noël pendant lequel les jeunes de 16 à 26 ans se déguisent en père noël et passent la journée à aller d'un bar à l'autre. A chaque coin de rue on peut voir des troupeaux de père noël complètement bourrés un verre de bière dans chaque main. C'est sûr que c'est moins conventionnel que le gros Santa qui fait "hohoho!". Mais peut-être qu'à eux aussi on peut soumettre une liste de voeux. Avec en tête un monde moins tordu et la destruction de tous les flingues...


jeudi 13 décembre 2012

Les voix du Seigneur

New York, c'est l'occasion de faire des expérience qui normalement ne nous viendraient jamais à l'esprit. Et en l’occurrence, dimanche on s'est mis (plus ou moins) sur notre 31 et on est allés à la messe! Le métro nous a ramenés au coeur de Harlem et on a poireauté pendant plus d'une heure sous le vent et la pluie avant de pouvoir rentrer dans l'église! Le truc qu'on n'aurait jamais fait ailleurs (mais alors, jamais!). Qu'est-ce que je peux dire? Les voix du gospel sont impénétrables (et irrésistibles). Bon, la vérité c'est qu'on s'est quand même tapés un sermon interminable pour 4 chansons, mais alors ça valait le coup. Le pur gospel américain dans une église toute décorée pour Noël, ça reste une expérience incroyable. Les solistes avaient des voix qui donnaient la chair de poule, et comme on n'était pas chez les catholiques, il n'y avait pas tous ces vitraux gloomy avec les croix et les épines qu'on a en France. En plus, le prêtre était un pro gay et pro préservatif qui avait bien compris que pour garder les gens éveillés deux heures et demi il lui fallait faire des blagues. La salle était morte de rire la plupart du temps, et puis comme dans les films il s'est subitement emballé et s'est mis à crier en faisant de grands mouvements avec les bras. Une messe américaine, quoi!

Sur les questions de religion, les Etats-Unis sont beaucoup plus proches des pays asiatiques que des sociétés occidentales. En même temps, je crois qu'il n'y a que la France qui a la phobie de tout ce qui ressemble de prêt ou de loin à un signe extérieur religieux. Les pays anglo-saxons sont beaucoup plus tolérants, et un voile ou une croix n'a jamais empêché personne de faire des études ou de trouver un travail que ce soit à Londres ou aux Etats-Unis. En l’occurrence à New York, Dieu est partout. Pas un discours politique ne s'achève sans un "God bless America", sur la porte du dollar shop où j'ai acheté mes décorations de Noël il y a l'écriteau "In God we trust", le même que sur les billets de banque, et si tu donnes une pièce à un sans-abri dans la rue, il te remercie généralement avec un "Dieu vous bénisse". Les églises sont assez remplies le dimanche et attention, c'est comme à l'époque de 'La petite maison dans la prairie': les gens y vont en costard et chapeau à plumes. On a vu des touristes se faire virer de la queue parce qu'ils étaient en jogging et basket. Je sais que de son côté la France en faisait tout un fromage, mais pour les Américains, le fait que Mitt Romney soit un mormon n'était absolument pas un deal breaker. Sa religion ne lui a jamais été renvoyée à la figure à aucun moment de la campagne (par contre les propos anti-avortement de son co-lister pas mormon mais pas évolué pour autant  ont crée une sacrée polémique...).

Je suis évidemment complètement biaisée mais selon moi le pays le plus tolérant en matière de religion c'est l'Inde. Ils célèbrent les vacances hindoues et musulmanes et sikhs et chrétiennes...Le Mc Do ne sert ni de boeuf ni de cochon et tout le monde est content (en plus là-bas ils ne parfument pas leurs frites à la viande...)!  A New York, Dieu est un bon moyen de faire du business. Il nous a fallut faire de la recherche pour trouver une vraie église qui ne demandait pas aux touristes de faire une donation obligatoire de $20 par personne. Il y a même des operators qui proposent des Harlem Gospel Tours et qui te ramènent toutes les demi heures dans une église différente, juste pour écouter les chants. Je pense que l'Américain en général est attaché à Dieu tout simplement car il pense que son pays est un don du ciel! Ils ne se posent même pas la questions de savoir si le reste du monde veut être comme eux ou pas, c'est une évidence! Bon, on peut dire ce qu'on veut mais objectivement parlant:
1. les donuts, c'est américain
2. les cupcakes, c'est américain
3. les pizzas, bon, techniquement c'est italien mais avec la pâte épaisse qui fond dans la bouche, c'est américain

La liste serait trop longue, mais la conclusion est logique: God bless America!!!


mercredi 5 décembre 2012

Oppa is New York style, New York style

Samedi dernier j'ai participé à une flash mob. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept, il s'agit d'un regroupement momentané de gens qui dansent sur une chorégraphie dans un lieu public. Ça commence avec quelques personnes, le temps d'attirer l'attention des autres autour, et puis de plus en plus de gens rentrent dans la danse au fur et à mesure de la musique. Ça peut être dans un parc, dans un centre commercial... Nous, on était à Brooklyn juste à côté d'une carrousel centenaire, avec une jolie vue sur East River. On a dansé dans le cadre d'une proposition de mariage lesbien.  Alors que la France est en train de s'acharner à démontrer que les mentalités n'ont pas évolué depuis l'année 1132, à New York, on vit avec son temps. Une jeune femme qui voulait demander sa chère et tendre en épousailles a choisi d'organiser le moment fatidique en grande pompes, et on a été une centaine à secouer nos popotins par 0 degré. La bonne nouvelle, c'est que la fiancée éberluée a dit oui, donc on n'a pas fait ça pour rien! 


                                           



Noël à New York vaut bien de braver toutes les températures. On retrouve tout ce qu'on voyait dans les films: le sapin géant à Rockefeller Center qui surplombe la patinoire, les arbres tout enguirlandés et les bénévoles de Salvation Army qui répandent un peu de joie dans les rues avec leurs clochettes et leurs Christmas carols dans toutes les langues.



Les vitrines des grands magasins sont parées pour les fêtes; ils sont obligés de mettre des barrières spéciales touristes pour que ceux qui veulent prendre leur temps pour regarder les décorations ne bloquent pas les trottoirs (le New Yorkais pressé ne connait pas la trêve de Noël). Parce que c'est de la sacré déco; on sent qu'ils ont investi un bon pourcentage des recettes qu'ils espèrent encaisser pendant le mois. Tant de magie en devient même pressurisant. Mon Obiwan, qui est du style à attendre le 24 décembre à 5 heures de l'après-midi pour acheter un cadeau commence déjà à paniquer car il ne lui reste que 3 semaines. Le capitalisme dans toute sa splendeur... Il n'y a que l'affiche géante sponsorisée par mormon.org à Times Square qui explique que le but de Noël n'est pas de dépenser tout son argent!


Mais bon! Soyons sérieux. A New York en décembre, tout n'est pas que joie, amour et paix intérieure. Le dernier scandale en date date de ce lundi, avec un papi qui s'est fait écraser par un métro: un dingue l'a poussé sur les rails à la station de 49th street(celle où je descends tout le temps...). Un journal a publié la photo où on voit le petit vieux en train d'essayer de remonter sur la plateforme sans personne pour l'aider et le train qui arrive. Parce que maintenant, dans les pays civilisés, le premier réflexe est de tendre une main. Celle qui tient l'iphone. Je peux comprendre que personne ne se soit penché, si ça s'est passé trop vite ou si le fou était juste à côté il y avait un risque de se retrouver sur les tracks aussi. Je ne comprends pas qu'on puisse se dire: "Oh! tiens! Voilà une photo à faire! Juste après celle de Christopher avec le Père Noël, c'est parfait...".

Allez! Pour se remonter le moral, rien ne vaut la joie des volontaires de l'Armée du Salut... C'est bientôt Noël que diable!








mercredi 28 novembre 2012

American way of life

Dimanche, on est partis faire un tour au Met, the Metropolitan Museum of Arts. En arrivant là-bas on a été un peu atterrés en voyant le prix d'entrée à $25, mais Obiwan s'est très vite rappelé que la compagnie où il fait son stage lui permet de visiter gratuitement, pour lui et une autre personne, tous les musées de New York. On nous a donc donné un badge et on est rentrés comme des V.I.P. Heureusement d'ailleurs, parce qu'après plus de 2 heures à tourner là-dedans, on avait seulement vu les Égyptiens  Une belle collection d'ailleurs. Ils ont carrément importé les pierres et recrée le tombeau de Ramsès. A noter aussi que les pharaons marchaient avec des tongs en or pur. Pas tiptop au niveau de la souplesse mais ça donnait un petit côté brillant très seyant qui valait bien une ou deux ampoules...!

Petit à petit, on arrive à trouver des astuces pour payer un peu moins cher dans cette ville de dingue. Je vais à Chinatown pour acheter les fruits et les légumes, une grande salade à partager revient moins cher que 2 petites et tous les matins, les cinémas de Times Square font des séances à $7. Le weekend passé, on avait vu "Skyfall" le samedi (la salle était presque vide) et le dimanche le nouveau film de Sharukh Khan "Jab tak hai jaan" (la salle était presque pleine). Curieux les différences entre populations. Les Indiens seront prêt à se lever à 5 heures du matin si ça leur permet de faire 3 centimes d'économie. Pour les Américains, le plus important est de se faire plaisir. Le cinéma c'est le soir, et tant pis si ça coûte le double ou le triple. En ce qui concerne les movie nights, les pop-corn et les soft drink, pas question de faire des compromis. En même temps, il faut bien avouer que les Américains ne font pas des compromis sur grand chose...

Je me suis rappelée récemment cette phrase de George W. Bush. A l'époque où ils faisaient un concours à Kyoto sur celui qui alignerait le plus gros chèque pour avoir le droit de polluer, il avait dit que le mode de vie des Américains n'était pas négociable. Il faut se trouver dans un cinéma à Times Square devant un écran tellement géant on en a jamais vu des aussi grands pour comprendre ce qu'il voulait dire. Les Américains ne négocient pas sur leur qualité de vie. C'est comme ça. Ils mangent dehors tous les jours, et ça ne leur viendrait même pas à l'idée d'accompagner leur burger avec un verre d'eau du robinet plutôt qu'avec un milk-shake.  C'est une population qui ne sait absolument pas ce que le mot 'économiser' veut dire. Ils vivent comme ils l'entendent sans se soucier du lendemain, la seule fausse note du mois étant le jour où il faut payer the credit card bill. On doit être une espèce en voie de disparition, à n'avoir qu'une carte de débit... Alors qu'on se creuse la tête à se demander si on pourrait éventuellement commencer à penser à essayer d'acheter un petit appartement d'ici quelques années, j'ai entendu un chauffeur de bus demander à son collègue si son quartier était sympa pour acheter une maison de 4 chambres...

A New-York en particulier, les choses ne se comptent pas en argent mais en temps. La peine de faire les courses et cuisiner est supérieure à celle de commander dehors. C'est beaucoup plus contraignant de laver et repasser que de tout apporter au dry cleaning. Même dans les laveries, on a l'option de faire tourner sa machine soi-même ou de déposer son panier au gars et de tout revenir chercher 2 heures plus tard. Le bon côté, c'est que ce mode de vie mêlant plaisir et dépendance sur les autres entraîne plein de petits boulots qui ont complètement disparu d'Europe: qui a jamais vu en France des promeneurs de chien?  Des types qui marchent dans la rue avec 7 ou 8 chiens pendant que les propriétaires sont au boulot (ou ont la flemme de sortir dans le froid). Il paraît que ça paye bien d'ailleurs. A peu près $25 par heure et par chien.

De quoi assurer son resto du soir sans se priver...

vendredi 23 novembre 2012

Mc Ciao


Alors que l'on pensait que rien de pire ne pouvait arriver après l'incident de la semaine dernière, une tragédie encore plus terrible nous est tombée sur le nez: j'ai décidé de boycotter le Mc Do. Je sais. C'est incroyable, et je n'aurais jamais pensé en arriver là, mais il y a des fois où il faut relever la tête et marcher avec bravoure... Ça a commencé par un bouquin que j'ai trouvé dans la bibliothèque de notre acteur de Broadway qui m'a absolument terrifiée, suivi de recherches internet assidues sur tous les sites possibles: donc c'est confirmé, aux Etats-Unis, ils parfument leurs frites avec des extraits de viandes pour leur donner un meilleur goût!!! Voilà. Le seul truc qui pouvait être végétarien, ils se débrouillent pour y balancer du boeuf. Et bizarrement ça, ils ne le crient pas sur tous les toits! Ils ne le disent pas dans leurs pubs pour les Happy Meal, un nouveau jouet et des frites au boeuf. Donc voilà, Mc Donald's en Occident, c'est comme Capri, c'est fini! (Et dire que c'était le lieu de mon premier amour...).

Je n'ai pas encore terminé mon deuil de sundae caramel, et malgré les célébrations de la semaine et le paquet de sucre qu'on s'est enfilés, rien n'y fait, ce n'est plus pareil... Parce que oui, cette semaine a aussi été chargée en évènements festifs. Mercredi, c'était notre premier anniversaire de mariage. La première personne à nous le souhaiter, par le biais de Facebook et à l'heure indienne, a été la femme du cousin de la mère d'Obiwan. Et puis la famille, les amis, les beaux-parents au téléphone (père et mère)... Le mari qui oublie son anniversaire de mariage en Inde, ça n'existe pas. Le truc qui est bien comparé à la France c'est qu'un anniversaire de mariage est limite plus important qu'un anniversaire tout court. Genre, si on avait des gosses ils nous auraient offerts des cadeaux (je parle de vrais cadeaux, pas de collages en macaronis). Donc évidemment, toujours logique et pragmatique j'ai calculé: 4 jours de mariage = 4 gâteaux. Cheesecake, shortcake, layer cake, lemon cake... Un bon équilibre. Le lendemain, c'était Thanksgiving. Thanksgiving, c'est une des fêtes préférées des Américains. Basiquement, ils passent la journée à manger et à regarder la parade à la télé, donc nous avons mangé et regardé la parade à la télé. On aurait pu aller sur place, vu que le défilé avait lieu à seulement 2 avenues de chez nous, mais pour espérer voir quelque chose il aurait fallut se pointer là-bas avant 6 heures du matin. Durant toute la matinée ils paradent sur des chars et avec des gros ballons gonflés à l'hélium: Spiderman, Hello Kittie, Uncle Sam, Pokemon... C'est amusant à voir mais tout de même un peu orienté enfants et consommation. Quelques Indiens ont défilé en chantant, vu que c'est une fête qui célèbre l'amitié entre les pèlerins et les natifs (après les avoir tous exterminés ils leur ont donné un bout de dinde rôtie et une claque amicale dans le dos), et de nombreuses stars habitant à New York sont venues expliquer comme chaque année  sur CBS qu'elles n'avaient jamais vu une parade aussi belle.

Le jeudi de Thanksgiving démarre la période de festivités jusqu'à Noël. New York sent les vacances et la magie de l'hiver. A chaque coin de rue on trouve des bénévoles de l'armée du salut qui secoue une clochette pour qu'on dépose des dons dans leurs petits sauts, exactement comme dans Friends. Aujourd'hui, c'est le black Friday qui démarre la période de soldes. Un black Friday très positif à ne pas confondre avec le black Thursday de la crise de 29. Black Friday parce que toute l'année les magasins sont plus ou moins dans le rouge au niveau des ventes et c'est à partir de Thanksgiving qu'ils font leur plus gros chiffre d'affaire. Les soldes monstres ont commencé cette nuit, avec des discounts spécial entre minuit et 5 heures du matin. On n'est pas partis parce qu'Obiwan devait quand même allait faire un tour au boulot ce matin mais ça doit être vraiment inhabituel et amusant d'acheter des fringues à 3 heures du matin! A 7h en allant au boulot il a croisé des gens qui rentraient chez eux, les bras encombrés de sacs énormes Macy's et Old Navy. Ils sont incroyables ces américains...

D'ailleurs, je vais aller y faire un tour aujourd'hui. J'ai besoin d'acheter des lunettes de soleil très foncées. Je vais me la jouer star en vacances. Pas parce qu'il y a trop de soleil. Pas parce qu'il y a de la neige. C'est simplement pour éviter d'apercevoir tous les Mc Do qui se trouvent sur ma route!

mercredi 14 novembre 2012

Une époque fourmidable

Hier, c'était Diwali, la fête des lumières. Dans tout le nord de l'Inde, les gens ont allumé des bougies et des pétards, et même si les Bengalis ne célèbrent pas vraiment ce festival, on s'est dit qu'on allait tout de même faire un petit quelque chose. Et pour le coup, on n'aurait pas pu faire mieux dans le genre feu d'artifices!

Il faut d'abord savoir qu'on a déménagé de notre chambre dans Upper East Side pour un petit studio dans le quartier de Hell's Kitchen (le bon présage avec un nom pareil!). Le quartier est super, surtout que j'ai un faible pour l'ouest de New York, près de Times Square sans pour autant être au milieu des touristes, Obiwan peut marcher jusqu'à son travail et on est à proximité de tout. En fait, c'est un acteur de Broadway (pas une super star malheureusement) qui nous loue son appartement pendant qu'il est en déplacement à Boston ou Chicago pour donner des cours d'acting. Jusque-là, tout va bien. Le seul problème, c'est qu'avant de partir, il avait oublié de nous expliquer comment marchait le four.

Déjà, je l'avais déjà remarqué en Californie, les fours sont toujours à gaz, et chaque fois qu'on allume, il y a cette odeur persistante, à se demander s'il n'y a pas une fuite. Après on s'y fait, bien sûr, mais c'est assez étonnant, j'aurais pensé qu'aux Etats-Unis en 2012 tout était électrique... Le problème, c'est que dans ce studio, la gazinière est très très vieille; en fait, c'est le modèle du XIXème siècle où il faut tourner le bouton et craquer une allumette pour que ça marche. Mais moi, je n'étais pas au courant... Donc hier, pour fêter Diwali, on commande des trucs au resto indien à côté, et puis je tourne le bouton pour réchauffer les naans. Et comme j'avais acheté des bougies, mais que je n'avais pas de briquet, j'ai voulu enflammer la mèche en ouvrant le brûleur. Le four m'a explosé à la figure. En fait, comme je ne savais pas qu'il fallait mettre une allumette dedans, au lieu de chauffer il s'est rempli de gaz, et quand j'ai allumé le feu au dessus, ça a sauté. Et puis, pendant un bref moment il y a eu du feu dessous mais il s'est éteint tout seul, et puis le feu de la gazinière ne fonctionnait plus, mais on n'était pas sûr que le gaz ne continuait pas de sortir. C'est là qu'on a composé le numéro magique de 911.

911 au cinéma: la fille se retrouve dans une cabane abandonnée au fin fond du Midwest, elle voit l'ombre d'un arbre se refléter contre la vitre, compose le 911 depuis son iphone et elle a à peine le temps de dire "Oh! My God!" qu'ils sont déjà là en train de l'évacuer sur un brancard.

911 dans la réalité: ils te demandent de répéter 15 fois ton adresse et pourquoi on appelle. "Notre four a explosé, il y avait du feu mais il est éteint maintenant, par contre on voudrait vérifier qu'il n'y a pas une fuite de gaz." " Répétez votre adresse et le motif de votre appel." "Notre four a explosé, il y avait du feu mais il est éteint maintenant, par contre on voudrait vérifier qu'il n'y a pas une fuite de gaz." "On vous met en relation avec le fire department". Fire department: "quelle est votre adresse et le motif de votre appel?" "Notre four a explosé, il y avait du feu mais il est éteint maintenant, par contre on voudrait vérifier qu'il n'y a pas une fuite de gaz." 10 minutes l'appel aux pompiers. 2 minutes après, le camion, la sirène qui hurle dans la rue, et 3 mecs qui déboulent avec leur casque, leur tuyau et leur uniforme jaune: "où est le feu???" Euh... On vient d'expliquer pendant 3 heures que le feu était éteint mais qu'on voulait vérifier qu'il n'y avait pas une fuite de gaz. 

Dans les films, le pompier essuie tes larmes d'une main rassurante en te disant ne vous en faites pas ma p'tite dame, on va vous le sauver votre ours en peluche. Dans la réalité, le pompier est limite en train de t'engueuler  et va farfouiller derrière la gazinière pour couper le gaz d'un geste rageur. Et il s'en va sans même te souhaiter un joyeux Diwali... Notre premier Diwali depuis notre mariage d'ailleurs. Obiwan étant un firm believer de tout ce qui commence mal continue bien est persuadé que nos prochains Diwali seront super génial. En même temps, ça risque d'être assez difficile de faire pire que de se tuer en soufflant l'immeuble avec nous... On a placé la barre trop haut la première fois.

On est presque sûrs maintenant que le l'acteur de Broadway va gentiment nous demander de dégager dans les plus brefs délais. Voilà ce qui arrive quand on sous-loue l'appartement d'un acteur inconnu. Je suis sûre que si on était tombés chez Jake Gyllenhaal, le four aurait été flambant neuf!


mercredi 7 novembre 2012

Remember, remember the 7th of November

Remember, remember the 7th of November... Pas parce qu'Obama a été réélu! Obiwan était sûr qu'il allait gagner, mais moi j'avoue que j'avais un peu plus de doutes. Mais c'est vrai que ses deux derniers débats étaient bien meilleurs que le premier, et puis Sandy lui a donné l'occasion de montrer qu'il réagissait bien en temps de crise. Il rempile pour 4 ans et Romney un peu dégoûté a dit dans son discours de perdant que c'était bien dommage et que sa femme aurait fait une first lady épatante.

Remember, remember the 7th of November parce qu'aujourd'hui on a reçu nos premiers flocons! Donc il y a une semaine on se tapait un cyclone tropical et aujourd'hui, la neige... Normal. Les New Yorkais n'ont pas l'air d'être plus traumatisés que ça, comme quoi m'empiffrer de donuts toute la journée ne fait pas de moi une vraie américaine. La route est encore longue jusqu'au flegme inaltérable et au sourire blasé. Ça donne une idée du genre d'hiver qui m'attend... Je me suis fait trempée en attendant le bus parce qu'il me fallait traverser la ville pour acheter les gâteaux dans la bonne boulangerie. Il faut bien fêter la victoire d'Obama quand même! Le plan original, c'était de regarder les résultats sur les écrans géants à Times Square. Quand j'ai su qu'il faudrait attendre jusqu'à minuit dans le froid, je suis immédiatement passée au plan B: regarder les résultats sur l'ordinateur depuis la maison bien au chaud. Ça c'est un truc génial à New York, il est illégal de faire payer le chauffage. C'est pour ça qu'ils redoutent plus l'été que l'hiver ici, l'air conditionné est beaucoup plus salé sur la facture.

Que dire des élections américaines? Déjà, elles ont lieu le premier mardi du mois de novembre, et ce n'est pas un jour férié. Les gens doivent se débrouiller pour aller voter avant ou après le travail, ou bien à la pause déjeuner. A New York, beaucoup de gens ne votent pas, simplement parce qu'ils disent que ça ne sert à rien  étant donné que l'état est démocrate. J'avoue que ça me choque un peu. Je pense toujours qu'il vaut mieux voter blanc que pas du tout. Quand on a la chance de faire partie d'une démocratie on en profite. Il y en a plein à côté qui se font tuer pour avoir le droit de choisir leur président. En même temps, ça vient du système en place. Non seulement ils prennent en compte le vote populaire, mais aussi et surtout le collège électoral. Il faut avoir 270 sièges pour être élu, et chaque état a un nombre qui lui est attribué. Genre la Californie, elle donne directement 55 sièges au candidat. Donc on se retrouve avec des tout petits états qui sont hyper importants parce qu'ils représentent beaucoup de sièges. La côte ouest n'avait pas encore fini de voter qu'ils savaient déjà qu'Obama avait gagné parce qu'il avait remporté la Floride et l'Ohio. Du coup on a pu aller se coucher tout contents avant même de connaître le résultat officiel. Le truc de dingue, c'est qu'à la base de base, le système de sièges a été calculé en prenant en compte pas seulement la taille des états ou la population, mais les origines raciales. Parce qu'ils voulaient pas non plus que les noirs aient une trop grande influence sur les élections...

Et en regardant les résultats petit à petit, on voyait la carte se colorer quasiment qu'en rouge, mais comme ce n'était pas des états avec de nombreux sièges, Romney a quand même perdu. Et toc! Bon, c'est vrai que concrètement, ça ne change absolument rien pour nous. Mais le truc, c'est que je ne supportais pas son brushing. Le cheveu ondulant et l'oeillade charmeuse, moi ça m'énerve. Et puis le mec il se tient plus droit qu'un prof de yoga, on dirait qu'il a avalé un balai le pauvre. Obama est bien plus sympatoche avec ses grandes oreilles et ses blagouses comme dans son discours: "I want to thank every American who participated in this election wether you [...] waited in line for a very long time. By the way, we have to fix that!" Autant rigoler maintenant, parce que je suis pas sûre que les Américains sont aussi emballés qu'en 2008. Mais ils se sont dit que ce serait encore pire si Romney augmentait leurs impôts.

En tout cas, le bon côté c'est que la réélection d'Obama m'a donné l'occasion de manger de la pizza à midi, et des cupcakes ce soir. Célébration oblige. Le mauvais côté c'est qu'avec la neige, je ne peux pas aller à la salle de sport.

Et encore une fois, ce n'est pas de ma faute!!!

jeudi 1 novembre 2012

Sandy kilomètres heure

Dès vendredi après-midi, on est passés en état d'urgence ouragan. Au passage, je voudrais noter qu'il y a décidément un gros problème avec la Terre. Je comprends qu'il y ait des ouragans dans les Caraïbes, la mer est chaude, c'est normal. Mais un ouragan à New York, qui plus est au mois d'octobre, c'est aussi déstabilisant qu'un épisode caniculaire dans le Groenland ou qu'une épidémie de chikungunya en Scandinavie. Ça ne devrait pas arriver!  Plus un ouragan monte, plus il est censé s'affaiblir, pas se renforcer. A ceux qui disent que l'effet de serre c'est de la gnognotte, je vous propose de venir vous installer dans le Queens...

Bref, j'avoue qu'au début je ne l'ai pas pris très sérieusement, et je me suis surtout demandée si tout ça n'allait pas compromettre mes plans du week-end, c'est à dire:
1. Aller à Chelsea pour manger de la pizza
2. Aller à West Village pour manger des cupcakes

Plans qu'on a pu heureusement mettre en pratique étant donné que la tempête n'est arrivée que lundi soir. On a quand même fait des provisions. Quand il m'a vue stocker 8 litres d'eau, Obiwan s'est moqué de moi en disant que j'étais parano. Il faut dire pour sa défense que, contrairement à moi, les seuls typhons qu'il a connus étaient à Hong Kong, et là pour le coup ce sont de vraies chochottes. Un petit coup de vent et ils passent direct en alerte 3; le truc il est à peine en train de survoler Bornéo qu'ils sont déjà tous calfeutrés chez eux à se faire livrer un Mc Do à domicile. En l’occurrence,  ce cyclone a coupé la ville en 2: le sud a expériencé un ouragan guadeloupéen et le nord un typhon hongkongais.

Obiwan est parti lundi travailler comme d'habitude à 7 heures du matin, malgré la fermeture des métros. A 11 heures, son manager l'a obligé à revenir à la maison, sinon je le connais, il y serait resté! (l'instinct indien de se tuer au travail, moi je comprendrai jamais...). Tout était fermé, la ville était complètement morte, et malgré tout, il y avait à peine un petit vent et quelques rares gouttes de pluies. A 7 heures du soir, on est sortis devant la maison, mais pareil, il n'y avait rien de rien. Juste un peu de pluie et de courant d'air dans l'Upper East Side alors qu'au même moment dans le West Village la façade d'un immeuble était en train de s'écrouler. On n'a absolument rien senti! Comme quoi, quelque chose de bien est ressorti de notre appartement pourri sans fenêtre. Le vent n'a eu aucune emprise sur nous. On n'a même pas eu de coupure d'électricité. Je le sais car j'ai entendu le ventilateur tourner toute la nuit. (Car oui, la vie étant d'une ironie merveilleuse, on vient de passer les 6 derniers mois en Californie à mettre le chauffage même au mois de juillet, et il faut arriver à New York en octobre pour être confinés dans une chambre surchauffée et sans air!). Le cyclone a tellement épargné notre côté que  même les seaux et les toiles sur les échafaudages contre le mur n'ont pas bougé! Et juste quelques rues plus bas c'était l'apocalypse!...

Le lendemain, en sortant dans la rue, la première chose qui nous a frappés, c'était la foule de gens qui se pressait devant les rares restaurants ouverts. Même après un ouragan, le New Yorkais ne cautionne pas de manger chez lui. On a même aperçu une femme chez American Outfitter. C'est sûr qu'on ne peut pas permettre à un gros cyclone de retarder les choses importantes telles que l'achat d'un jogging... A 7 heures du soir, il y avait la queue devant les pubs dans ma rue. Alors maintenant, est-ce que les New Yorkais des quartiers chics ne se laissent démonter en aucune circonstance, ou bien sont-ils un tout petit peu insensibles au malheur de ceux qui ont perdu leur maison dans les incendies et les inondations? Cette interrogation est soumise à l'appréciation de chacun. Pour le coup je n'ai rien à dire, on a mangé dehors nous aussi: autant donner une bonne raison à ceux qui ont choisi de venir travailler malgré tout! Tout comme je me suis sentie obligée d'acheter 500 grammes de bonbons pour fêter Halloween, puisque le magasin était ouvert hier. Par contre, c'est la salle de sport qui est fermée.

Mais encore une fois, ce n'est pas de ma faute!






mercredi 24 octobre 2012

NY vs HK

Il faut bien l'avouer, une des choses qui me faisait le plus peur avant d'arriver à New York, c'est que ce soit comme Hong Kong. J'ai trop détesté cette ville pour vouloir revivre la même chose chez sa sœur jumelle! Et bien sûr qu'il y a des points communs: les grands immeubles, la jungle urbaine... Mais il y a aussi beaucoup de différences. Match au sommet:

Les immeubles:
Avantage New York. Je ne suis normalement pas une grande fana de building, mais là il y en a des vraiment jolis. Pas seulement les immeubles commerciaux mais ceux d'habitations aussi. J'adore les briques rouges et les escaliers d'incendie le long des façades. Il y a aussi beaucoup d'immeubles en pierres sculptées, notamment dans le quartier de l'Upper East Side. Mes 2 buildings préférés sont l'espèce de bateau à flatiron, au croisement de Broadway et de 5th Avenue, et le Chrysler building. Ils peuvent continuer de s'acharner tant qu'ils veulent à Hong Kong et construire tout ce qu'ils ont envie, aucune de leurs tours ne peut rivaliser avec ça!


Le métro:
Avantage Hong Kong. Le problème à Hong Kong c'est que le métro était trop tout. Trop neuf, trop propre, trop pratique, trop facile d'utilisation. On est limite pris pour des débiles avec des plans partout, des annonces sonores et des lumières qui clignotent en arrivant à chaque station. A New York c'est le contraire. Le métro est en général le moyen de transport public le plus simple à comprendre, mais ils ont quand même essayer de le compliquer au maximum. Aucun plan, des destinations sur les plateformes qui n'ont rien à voir avec celles des trains, et très souvent les quais ne communiquent pas entre eux, il faut chercher la bouche de métro qui te ramène dans la bonne direction; si tu te trompes il te faut remonter et arpenter les trottoirs à la recherche de la bonne entrée... A moins de savoir exactement où on va, et quel train prendre on est sûr de tourner en rond pendant 3 heures. A ce niveau-là, après une journée fatigante il vaut mieux le métro de Hong Kong et ses petites flèches qui te rassurent sur le fait que ouioui, tu sais encore lire et tu es bien parti dans le bon sens!

Le coût de la vie:
Avantage Hong Kong. A New York, de ce côté-là, ils abusent un peu. Non seulement se loger est hors de prix, comme à Hong Kong, mais en l'occurrence se nourrir devient un luxe aussi! Dans Manhattan on ne trouve que des magasins de proximité avec des prix doubles de ceux d'un supermarché de base. Manger dans la rue n'est pas donné non plus. En fait, la seule chose abordable ce sont les donuts. $1 le donut contre $4 pour une poignée de châtaignes grillées, et après on s'étonne que les gens soient adeptes à la junk food. Pareil, j'ai trouvé un magasin qui vend la part de pizza géante pour $1, mais manger dans une saladerie en coûtera minimum 7... A Hong Kong il n'y a que les loyers qui sont exorbitants. Le reste (transport, nourriture) est plus qu'abordable. Et moi, ma religion m'interdit de payer 14 euros pour une omelette.

La nourriture:
Avantage New York. Alors là il n'y a même pas de compétition imaginable. Je suis sûre et certaine que google s'est trompé et qu'il y a bien plus que 11 Dunkin Donuts à Manhattan. A chaque mètre il y a un truc à bouffer. Des burgers, des pizzas, des bagels, des muffins... Tout, tout, tout! Le pire c'est les Starbucks. Ils sont absolument partout. Des restos chinois, indiens, afgans, persans... Ça change de Hong Kong où parfois sur tout un menu il était impossible de trouver un truc sans porc!

Les espaces verts:
Avantage New York. Techniquement, il y a beaucoup moins de parcs qu'à Hong Kong. En fait, Hong Kong est occupée par une grosse montagne qui mange tout le centre de l'île et les immeubles sont construits le long de la côte. Il y a énormément de sentiers et d'espaces verts, alors qu'à New York il n'y a en gros que Central Park où on peut espérer croiser un arbre. Mais la différence c'est qu'à New York les rues sont beaucoup plus larges et les gratte-ciels moins hauts, ce qui fait qu'on a l'impression de plus respirer. On marche à ciel ouvert et je n'ai pas cette sensation de claustrophobie que je me suis traînée pendant 2 ans. Les gens font même leur footing dans la ville, dans l'Upper East Side on croise sans arrêts des joggers; preuve que l'on n'a pas cette sensation de pollution et de confinement comme à Hong Kong.

Le climat:
Avantage New York. Je reviendrai peut-être sur ça quand on sera rentrés au coeur de l'hiver et qu'il fera moins 12. Mais pour l'instant, bien sûr il fait frais, bien sûr il pleut de temps en temps, mais j'ai aussi vu le ciel bleu, ce qui n'arrivait jamais à Hong Kong (si, allez, on va pas être mauvaise langue; c'est arrivé 2 ou 3 fois sur une année qu'il n'y ait pas de nuages...)! A Hong Kong, qu'il fasse 40 ou 8 degrés, il y avait toujours cette moiteur insupportable! Au moins ici il n'y a pas 90% d'humidité dans l'air, et chaque saison a ses atouts. Et rien ne vaut une balade dans un Central Park aux couleurs d'automne pour oublier le froid! (Un donut au chocolat ça peut aider aussi...).

Impression générale:
Avantage New York. Évidemment!!! Alors que tout me paraissait larger than life en arrivant aux États-Unis, ici tout est encore plus larger than life que tout ce que j'avais pu voir jusqu'à maintenant (et ça inclut Las Vegas). Ce n'est pas une ville, c'est un monde à part et Hong Kong à côté une pâle imitation!

jeudi 18 octobre 2012

Empire state of mind

Après une semaine éprouvante de valises et de ménage, on a dit au revoir à la Californie et bonjour à New York! L'idée de base, celle qui m'avait brièvement effleurée quand j'étais en train de récurer la douche, c'était d'arriver fraîche et fabuleuse, comme dans "Sex and the city" immédiatement prête à arpenter 5th Avenue et déposer ma valise chez Manolo Blahnik. Dans la réalité, je me suis réveillée le matin avec une majeure éruption cutanée non identifiée, à laquelle s'est ajouté le stress d'un voyage en avion plein de perturbations. J'ai donc fait mon entrée dans Big Apple plus boutonneuse qu'un collégien intello, et avec plus de cernes qu'une mère de quintuplés. Parce qu'évidement, ça aurait été trop demander que d'être un peu présentable dans la capitale du style... Mais bref (!) l'important, c'est d'être à New York!

Enfin une métropole!!! Après 6 mois passés dans le calme d'une petite ville, il nous fallait notre dose de monde et de bruit, c'est pourquoi à peine arrivés on est vite partis se ressourcer à Times Square. Aaaaaaah!!! Quel bonheur d'entendre les taxis klaxonner, les bus bourdonner et de sentir le sol trembler sous ses pieds dès qu'un métro passe (environ toutes les 2 minutes)... On dira ce qu'on voudra, tant qu'on peut lever le nez et regarder autour de soi plus de 5 secondes sans télescoper un passant, on n'est pas dans une vraie ville... Le boulot d'Obiwan est situé sur Broadway, en plein milieu des panneaux géants lumineux et des théâtres  jouant les comédies musicales. On ne pouvait pas trouver plus cliché! Le problème c'est que le quartier est un peu trop touristique et ça devient vite fatigant de croiser Mickey et Minnie à chaque feu rouge qui te proposent de faire un tour de ville dans un bus à étage.

Au début, j'ai eu très peur. On se trouvait au carrefour du monde et pas l'ombre d'un Dunkin Donuts à l'horizon. Accélération du rythme cardiaque et sueurs froides. (Oh! Non! Not again!!!) Mais c'est bon, depuis, je les ai bien repérés. En fait, la plupart sont situés aux alentours de ma salle de sport! Et ce qui est super, c'est que manifestement les donuts new yorkais ne font pas grossir! J'ai tiré cette conclusion en observant les silhouettes des gens autour de moi. Je veux bien accepter que les Californiens sont minces, ils sont à fond dans le beau et dans le bio; mais quand même (!), on est censé se trouver dans le pays le plus gros du monde, je me suis dit qu'en arrivant sur la côte est je ne verrai que des obèses. De quoi renflouer les statistiques, n'est-ce pas! Aha! La bonne blague! Des Mc Do tous les 500 mètres, des pizzerias à chaque coin de rue, et encore une fois je fais partie des plus lourdes du cours de gym! (Moins de 60 kilos sur la balance quand même, ça commence à devenir vexant...). Il faut dire aussi que Manhattan est extrêmement propice au sport et notamment à la marche. La dernière fois, je cherchais une adresse dans les numéros 500 sur la 6ème avenue. Je me suis bêtement dit que puisque je me trouvais aux alentours des 600 sur la cinquième avenue, je n'avais qu'à traverser et je serai plus ou moins à hauteur sur la sixième. LA grosse erreur de débutant. Les numéros 600 sur la cinquième sont à hauteur des numéros 1200 sur la sixième. Je me suis retrouvée à marcher une trentaine de blocs!... C'est bon, je suis au courant! 3 jours à New York mais alors Manhattan je connais! Je suis passée devant le Moma, et le Madison Square Garden, et le Met, et l'Empire State building... J'ai traversé la moitié des quartiers de la ville avant d'être frappée par un éclair de génie: oh mais tiens! Si je prenais le bus!?

Pour le premier mois, on s'est trouvé une colocation dans le très chic quartier de l'Upper East Side dans un très pas chic appartement sans fenêtre dans un immeuble qui sent le moisi. Mais si on a besoin d'air (très) frais, on peut toujours marcher jusqu'à Central Park. C'est classe aussi Central Park.  Je suis sûre que si je fais un peu attention, je peux tomber sur DiCaprio en train de faire un footing. Juste au cas où, je vais quand même attendre que mes boutons disparaissent avant d'aller y faire un tour!...

mercredi 10 octobre 2012

Guronzan mon amour

Dans quelques jours le départ, on est tout excités à l'idée de célébrer à New York les fêtes qu'on voit dans les films comme Halloween (on n'aime pas les gosses), Thanksgiving (on ne mange pas de dinde), et un Noël qu'on espère enneigé (on a horreur du froid). Mais avant ça, le 06 novembre, on sera à Times Square pour découvrir qui a gagné l'élection présidentielle. La fièvre politique s'installe, les 2 candidats sillonnent le pays dans tous les sens pour des meetings géants et se taclent par derrière avec de grands sourires Colgate.

 Mercredi dernier, j'ai même vu le premier débat entre Obama et Romney. Je n'ai jamais été intéressée par un entre-deux tours chez moi, mais ici, c'est pas pareil. En Américains dignes de ce nom, il font bien sûr les choses en gigantesque, avec compte à rebours stressant et milliers de personnes dans le public qui n'ont pas le droit d'applaudir. Ça valait quand même le coup de regarder. Et ce n'est vraiment pas de ma faute s'ils avaient choisi de commencer pile au moment de mon cours de gym, et que particulièrement ce jour-là j'étais submergée par une flemme monumentale... Je vois bien les mauvaises langues dire que je prends n'importe quelle excuse pour ne pas me remuer le gras, ce n'est pas vrai! D'ailleurs, j'ai même upgradé mon abonnement pour avoir accès aux salles de sport de New York, qui sont beaucoup plus grandes et beaucoup plus chères que ma petite branche ici. Même que j'ai fait le changement avant de lancer une recherche sur google et de réaliser qu'il y avait 11 magasins Dunkin Donuts juste à Manahattan....(Quand on voit ça, ce n'est  même plus besoin de lancer la recherche pour savoir combien il y a de Krispy Kreme...).

Bref, j'ai donc sacrifié une heure de gym pour suivre le débat, mais une fois devant la télé, je me suis rendue compte que j'aurais mieux fait d'y aller... Le problème c'est qu'Obama avait manifestement oublié de gober son "5 hour energy" avant de rentrer sur scène. Il s'est fait laminer par un Mitt Romney tout en brushing et clins d'oeil, aussi frais et pimpant que s'il venait de descendre un gallon entier de Tropicana. "5 hour energy" c'est le complément alimentaire en vente-libre au supermarché qui équivaut apparemment à 6 ou 7 millions de cafés.

Je me suis penchée une fois sur les ingrédients et je n'ai pas compris comment ce truc pouvait maintenir éveillé pendant seulement 5 heures. Non seulement c'est archi concentré en caféine et en taurine (l'excitant qu'ils utilisent dans le red bull), mais c'est surtout le dosage en vitamines qui est hallucinant. Une petite bouteille de 60 millilitres correspondant à une prise contient 150% des apports quotidiens recommandés en vitamine B3, 2000 (comme deux mille)% des apports en vitamine B6 et 8333% (ouioui) des apports en vitamines B12. Donc, je n'ai pas retenu grand chose de mes cours de CM2, mais je suis sûre et certaine qu'on nous avait dit que trop de vitamines était dangereux pour la santé. Mais ça, manifestement, ce n'est pas un problème aux États-Unis. Aaaahh! La magie du lobbying... Apparemment cette compagnie n'a pas aidé au financement de la campagne d'Obama, il n'aurait pas eu l'air si endormi... Tous les camions sont plutôt partis livrer son adversaire!...

Pour ma part, j'ai décidé de ne jamais toucher à ce genre de produits et de toutes façons, je n'en aurai pas besoin; j'ai trouvé le remède absolu contre la flemme qui t'assaille juste au moment du cours de gym: à New York, l'emplacement de ma salle de sport est, à ce que j'ai compris, juste à côté d'un Dunkin Donut!

mardi 2 octobre 2012

Bonjour et au revoir

Un nouveau mois vient de commencer, qui débute sur la côte ouest et qui s'achèvera sur la côte est. Autant j'ai envie de découvrir New-York, autant je sais que beaucoup de choses d'ici vont me manquer à commencer par le ciel bleu et les espaces ouverts! Et bien évidemment, au moment où je suis en pleine acquisition de bottes en laine et de manteaux fourrés pour affronter le pire hiver de ma vie, il nous arrive ici une vague de chaleur comme je n'ai jamais vue en 7 mois ici. Presque aussi chaud qu'à Vegas au mois de mai! C'est l'état qui se venge de mes innombrables plaintes sur le vent glacé et le froid qui t'attends dès que tu passes du soleil à l'ombre. Juste une manière de remémorer le rêve californien quand je serai prise dans la neige et le ciel gris. 

Pour le coup, le mois de septembre a été placé sous la découverte de la Californie. J'ai vu Sacramento et le lake Tahoe à la frontière de Nevada, j'ai découvert la route entre San Francisco et Big Sur (lieu du récent mariage de Nathalie Portman pour les incultes de People magazine), et je suis fièrement passée sous le Golden Gate bridge! Tout ça grâce à la magie de la location de voiture! En 3 semaines de vacances, j'ai rattrapé tout ce que j'avais manqué depuis mon arrivée. Maintenant, je peux aller à New-York la tête haute et lever un sourcil avec l'air très au courant: la Californie, je connais! Et puis, bien sûr, l'instant inespéré, inoubliable, celui qui n'aurait jamais été envisageable à l'intérieur des routes balisées des lignes de bus: la découverte inattendue  d'un Krispy Kreme le long d'une autoroute! C'est clair et net, aux Etats-Unis, il faut avoir une voiture!...


Le mois de septembre a également été placé sous le signe des dauphins. Comme quoi, il suffit d'attendre les choses pendant 30 ans pour qu'elles viennent ensuite se répéter le plus naturellement du monde! Assis sur le sable d'une plage de San Diego, on se demandait c'était quoi ces machins gris qui sautaient au loin dans l'eau, jusqu'à ce qu'on réalise que c'était l'heure de la récré pour une famille. Comme quoi, il n'y a pas que les surfers qui profitent des vagues. Ça, c'est sûr et certain que je ne le verrai pas à New-York. Pas de dauphins, pas de ciel bleu, pas de vue sur les collines et pas de 35°C à l'entrée du mois d'octobre. Seulement les immeubles et le froid et les gens pressés et les doigts gelés...

Mais je pourrai toujours me consoler en mangeant des donuts. Là-bas, ils sont situés pile sur les lignes de bus!

mercredi 5 septembre 2012

Hawaii



 Pour mon anniversaire, mon gentil mari m'a fait la (fabuleuse) surprise de m'emmener à Hawaii, où non seulement il faisait 10°C de plus que chez nous, mais surtout avec le décalage horaire j'ai eu trois heures de sursis avant de rentrer dans la trentaine! C'était vraiment, vraiment super!

Pourtant, au début, ça n'avait pas si bien commencé; déjà, on a faillit louper l'avion à cause d'un conducteur de métro qui avait manifestement eu la flemme de se lever à 5 heures du matin. On a dû se dépêcher, le security checking était blindé de monde, mais une fois devant la salle d'embarquement, on a appris que le vol était retardé de 3 heures, pour cause de problème mécanique...On a vu le pilote entrer dans l'avion et ressortir au bout de 10 minutes en disant aux passagers en colère: "Trust me, you don't wanna be on that plane!" (et moi, par principe, je place toujours toute ma confiance dans le pilote...). Ce petit contretemps m'a immédiatement permis d'adopter une toute nouvelle perspective: finalement, la pire chose qu'il puisse y avoir à part le fait d'avoir 30 ans, c'est de ne pas y arriver!!! Mais finalement tout s'est arrangé. On a décollé, on est arrivés à Honolulu, et il est incontestable qu'à partir du moment où l'avion ne se crashe pas, on peut considérer que le voyage s'est bien passé! Les gens ont quand même applaudi à l'atterrissage, donc je pense qu'il y en a eu plus d'un à avoir prié qu'ils aient bien fixer comme il faut le système hydraulique... Les stewards eux avaient l'air relativement détendus et passaient des annonces du style: "la température à Honolulu est typique d'Hawaii, d'ailleurs c'est la raison pour laquelle vous y allez!"...ou "nous nous excusons pour se retard que vous aurez complètement oublié dans une demi-heure quand vous serez sur la plage avec un mai tai!".

Le truc le plus frappant à Hawaii, juste après le fait que même le mec qui symbolise les toilettes porte une chemise à grosses fleurs, c'est le nombre de touristes japonais. Il y en a tellement que les restaurants proposent même les menus en japonais, les notices sont traduites en japonais et il y a un système de bus qui leur est spécialement alloué. Comme quoi, rien ne vaut de se bombarder les uns les autres pour renforcer les liens économiques et l'esprit de camaraderie. (Les pauvres, s'ils avaient su ce qui allait leur tomber dessus, ils auraient probablement réfléchi à deux fois avant d'attaquer Pearl Harbor...). Cela m'a permis d'expliquer pour la énième fois à Obiwan que c'est le 02 septembre 45 qu'a été signée la fin de la deuxième guerre mondiale, et que donc techniquement je suis née le jour de la paix dans le monde, c'est pour ça que je suis une pacifiste convaincue, et que le 04 juillet c'est pas si mal mais le 02 septembre c'est encore mieux, et toc!

On a profité à fond de tous les clichés: le soleil, la plage, la danse traditionnelle et les gens qui se baladent en portant sur la tête leur planche de surf... On est même repartis avec une grosse chemise hawaiienne et un yukulélé, qui resteront tout le temps au fin fond d'un placard, mais hé! on s'en fiche, on est allés à Hawaii! Pour repartir à l'aéroport, par contre, on n'a pas pris le bus de touristes mais le vrai bus de ville qui nous a ramenés dans le business district et  autres quartiers ou les vacanciers ne vont jamais et où les cabines téléphoniques sont les mêmes que chez nous. Finalement, l'envers du décors reste toujours le même: une ville normale pour une routine pratique, et les hawaiiens ne vont pas au bureau avec un collier de fleurs autour du cou.

Mais ça, on n'est pas obligé de le répéter...


dimanche 26 août 2012

Arnaques, crimes et botanique


Alors qu’il y a des jours où on bénit les Etats-Unis (jours qui coïncident généralement avec ceux où on a de la pizza à dîner), il y a aussi des jours où on en a vraiment ras-le-bol. Par exemple la fois où ils ont annulé 2 bus sans préavis et que je me suis retrouvée à attendre 98 minutes à l'arrêt, je dois avouer que j’étais loin d’émettre des ondes d’amours en arrivant à la maison. En Californie comme ailleurs, il y a des jours où tout fout l’camp, et même tous les donuts du monde ne peuvent rien y changer.

Par exemple, le jour où je me suis fait piquer mon vélo. J’arrive en bas de chez moi pour trouver mon câble antivol sectionné proprement. Franchement, je ne comprends toujours pas en quoi un ancien modèle complètement rouillé, sans frein et avec le pneu arrière perpétuellement à plat a pu intéresser quelqu’un au point qu’il revienne avec une paire de cisailles. Un vélo que j’avais payé 25 dollars, qu’est-ce que les gens vont bien pouvoir faire avec ça? Pour moi il était parfait, avec un petit panier devant pour pouvoir caser le sachet de donuts… C’est vraiment malin!

L’autre grosse arnaque du moment c’est au niveau de la recherche d’appartement à New-York. Déjà ce qu’il faut savoir, c’est que tous les résidents de Manhattan sont apparemment millionnaires. Là-bas, on propose quand même des chambres en coloc’ pour 1500 euros par mois. Au début, on regardait sur Craiglist les annonces pour studios. Il arrivait qu’au milieu d'un tas de chiffres trop grands pour être prononcés correctement on trouve un petit bout de vie privée pour un prix abordable (enfin… tout est relatif). Un 30 mètres carrés lumineux avec les murs fraîchement repeints et une cuisine dernier cri. Le problème, c’est qu’en faisant une recherche d’image inversée sur google, on se rend compte que les photos proviennent en fait d’un appartement sur les Champs Elysées qu’un type a collé sous une fausse adresse à New-York en espérant trouver un pigeon qui lui versera 2 mois de caution avant d’arriver sur place! Maintenant, on ne cherche même plus à être seuls. On s’est faits à l’idée qu’on partagera la salle de bain, il ne reste plus qu’à voir si ce sera avec une cadre d’entreprise amoureuse de chats ou un insomniaque qui joue du banjo. En même temps, même en partageant un appartement on n’est pas très sûr qu’on croisera beaucoup nos colocataires. Apparemment dans certains secteurs, travailler à temps plein signifie au moins du 60 heures par semaine. Tout de suite on comprend mieux le concept des Starbucks cafés et du petit-déjeuner mobile et du métro qui roule 24h/24. C’est sûr que c’est un peu plus frénétique que de ce côté du pays.

Mais encore une fois, c’est ça toute la magie des Etats-Unis: même aujourd’hui quand j’essaie de parler des mauvais côtés, et les vols de vélos, et les arnaques aux appart’, et l’esclavage professionnel, et la froideur de l’été californien qui m’a fait crever mon basilic, et le système de bus qui a je suis sûre provoqué plus d’un ulcère, je n’arrive jamais à être vraiment en colère…

C’est probablement parce qu’on mange de la pizza ce soir.

dimanche 19 août 2012

Tranches de vie à l'arrêt de bus

Ce qui est génial avec les Américains, c'est que ce sont des gens hyper engageants. Par exemple, il n'y a qu'ici qu'une conductrice de bus viendra te saluer avec un "Hello sweetie!". Dans le bus, dans la queue à la boulangerie ou en attendant qu'une cabine d'essayage se libère, ils adorent papoter. Un peu trop parfois, genre la personne que tu connais à peine qui t'explique longuement qu'elle a raté les 2 derniers cours de gym parce que le premier mercredi elle était malade et le deuxième mercredi tombait pendant cette période du mois où on préfère rester allongée sur son canapé avec un pot de glace... (l'Américain n'a jamais peur de rentrer dans les détails). A la caisse au supermarché, les vendeurs ont toujours un petit commentaire qui peut aller de: "oh! j'adore votre t.shirt, vous l'avez acheté où?" à "ah, moi aussi j'aime beaucoup ce chocolat!!!" (très efficace contre la culpabilité quand on vient de faire passer 5 tablettes).

Dans le bus surtout, il y a toujours quelqu'un qui a envie de faire la conversation, et qui, s'il ne trouve personne, se tourne vers le conducteur et commence à lui raconter sa vie. A moins d'être excessivement de mauvais poil, les chauffeur de bus apprécient généralement les bavards et aiment bien eux-mêmes se lancer dans des débats animés à chaque feu rouge. Les États-Unis étant le symbole même de l’individualisme, je n'aurais jamais imaginé des gens aussi ouverts et avenants.

Les deux meilleures scènes dont j'ai été témoin ce sont déroulées à chaque fois à un arrêt de bus. La première fois, une femme baba cool à souhait toute en fripe et en légumes bio a engagé la conversation avec une asiatique qui attendait le bus. Au moment où l'autre lui a dit qu'elle venait du Tibet j'ai cru qu'elle allait s'évanouir. Ça aurait été le Dalaï Lama en personne qu'elle n'aurait pas été plus émue. Toute émoustillée elle lui a posé plein de questions, et ça fait depuis combien de temps que vous habitez ici, et comment vous trouvez les États-Unis c'est vachement capitaliste quand même ('oh ben non, c'est pas si mal!'), et franchement c'est une honte ce que les Chinois vous font subir. Elle n'attendait pas le bus mais un copain hippie qui est arrivé dans son van Volkswagen en provenance directe des sixties (exactement le même que celui dans le dessin animé 'Cars' qui fabrique son Diesel organique), avec des fleurs et des peace and love peints tout le long de la carrosserie. Un pur cliché. Je suis presque sûre qu'il cultivait sa ganja dans le coffre! Évidemment, il n'avait pas fait un pas dehors que l'autre se ruait sur lui en lui clamant: "elle vient du TIBET!!!" et ils ont tout de suite proposé à leur nouvelle meilleure amie de la déposer quelque part (entre bouddhistes il faut s'entraider); mais elle a préféré continuer à attendre le bus...

La deuxième fois, j'attendais le bus et le type du magasin de photocopies derrière moi a manifestement reconnu le gars de l'autre côté de la route qui inspectait une poubelle, et il l'a interpelé depuis sa vitrine. Dialogue:
Mec de la photocopie: "Hey! Reuben! How are ya?"
Reuben: "Splendid! We've got sunshine!"
Mec de la photocopie: "Yeah! It's a beautiful day! Beautiful weather!"
Reuben: "And we're alive!"
Mec de la photocopie: "Yeah, we're alive!"

Ce jour-là je jure, j'ai compris que c'était un point de non retour; quand on a goûté à la joie de vivre américaine, on ne veut plus jamais faire la gueule. Voir deux types ignorer leurs différences sociales et s'extasier sur le temps qu'il fait et sur le simple fait d'être en vie, c'est tout simplement impossible à imaginer en Europe! Je suis peut-être mauvaise langue mais dans ma tête, une conversation entre 2 Français ça donnerait plutôt ça:

Happy parisien n°1: "Merde, il fait trop chaud!" (ou froid, ou humide, ou sec, ou pluvieux, ou...)
Happy parisien n°2:" Ouais, ça fait vraiment chier ce temps!"
Happy parisien n°1: " Et la météo qui avait dit qu'il y aurait du vent ils ont encore rien compris ceux-là! Franchement, je sais pas pourquoi on nous sert 15 prévisions par jour quand ils sont même pas foutus d'en faire une seule correcte!"
Happy parisien n°2: " Et après on s'étonne qu'avec cette canicule les gens claquent, y'a pas d'infrastructure potable dans ce pays!..."
Happy parisien n°1:"Ah, oui! C'est lamentable...".

Mais non je plaisante, si les Français sont perçus comme râleurs, c'est simplement parce que le reste du monde se ligue contre eux... ^^

Ouh! Mais je suis en train de regarder dehors, je crois que je vais sortir faire un petit tour! Il y a du soleil aujourd'hui!...


dimanche 12 août 2012

Silicon Value

Obiwan ayant eu quelques jours de vacances il a fallut se plier à la traditionnelle visite de la famille, au cours de laquelle on te fait manger comme si tu venais de passer les six derniers mois de ta vie dans un camps de réfugiés anorexiques. A chaque fois qu'on descend un peu plus au sud, on ne mange rien le matin, prévoit de ne rien manger le soir, et on sait qu'on repartira les bras chargés de provisions pour les 5 prochains jours!

Mais cette fois-ci, en plus de se remplir allègrement le ventre, on a aussi eu l'opportunité de faire un petit tour dans la Silicon Valley. D'un coup de voiture, on a plongé dans le monde merveilleux des success stories américaines. En premier, on est allés à Cupertino, terre de la mythique usine Apple. On pensait voir un bâtiment, on s'est retrouvés au milieu d'une dizaine d'immeubles rutilants et d'employés se baladant avec un ipad sous le bras. Une portion de ville entière interdite aux PC! Ça fait quand même quelque chose de voir de ses yeux l'endroit où les grandes innovations technologiques des 10 dernières années sont nées. Et c'est aussi complètement fou d'apercevoir un complexe tellement grand qu'il nécessite des panneaux de direction arborant une grosse pomme, et des travailleurs en costard noir et blanc et de se dire que tout ça a été la création d'un seul type. (Évidemment on évite de se dire que dans le sud de la Chine, les travailleurs sont 3 fois plus nombreux, probablement pas habillés en costard et certainement pas plongés dans un environnement aussi chic, on vend du rêve américain, pas du rêve asiatique, ne l'oublions pas!)...

Après notre tour chez Apple, la tante d'Obiwan nous a amenés visiter l'université de Stanford, située à Palo Alto, là-même où sont basés Facebook, Mark Zuckerberg et le contrat de mariage le plus étudié de tous les temps! En rentrant dans Stanford, on prend tout de suite conscience de ce que le mot "élite" veut dire: un campus magnifique, des fontaines, des bâtiments anciens avec des voutes et des colonnes sculptées, une bibliothèque comptant un million de bouquins... Ils ont même une église pleine de fresques au centre du campus, histoire de pouvoir aller prier avant les examens!



Selon la tante d'Obiwan, pour une année d'étude dans ce genre de fac, il faut débourser environ 80 000 dollars.Quel est le comble du privilégié? Se promener dans les jardins de Stanford et avoir presque honte de venir de Berkeley! Il faut dire que notre campus est beaucoup plus petit et bien moins prétentieux, mais il ne faut pas s'y fier; dans l'histoire, c'est Berkeley l'université qui a produit le plus de prix Nobel. Et toc! Mais les coûts sont un peu plus accessibles et le packaging est différent.

On n'est pas allés jusqu'à la maison Google, mais je sens qu'on s'en serait pris plein la vue également. C'est ça la magie de la Californie: pas besoin d'aller à Los Angeles, l'état tout entier est destiné à vous vendre du rêve. Le gentil génie de la libre entreprise est là pour exaucer vos voeux de réussite et de prospérité.

Mais ce sera probablement plus facile si vous sortez de Stanford!...