dimanche 25 mars 2012

Wind of change

Attente. Découverte. Adaptation. Ce sont les 3 étapes par lesquelles je passe chaque fois que je pars quelque part. Avant de prendre l'avion, les sentiments sont mélangés et le cœur bat au rythme de différentes émotions.  Avant Hong Kong, j'étais enthousiaste et assez sûre que ça allait me plaire.  J'avais étudié longuement mon guide du National Geographic, je partais en Chine et ça sonnait bien. Avant d'embarquer pour Kolkata,  je ressentais plutôt une appréhension joyeuse.

Puis, il y a cette phase de "cul entre 2 chaises" où on est obligé de commencer sa vie alors que tout est étranger. On voudrait se poser, observer et analyser mais on n'a pas le temps. On n'a pas le droit d'être en transit trop longtemps. Il faut entrer dans la course, suivre le mouvement, et faire comme tout le monde. On marche dans des rues qu'on ne connait absolument pas, tout en se disant qu'on est chez soi. On communique sa nouvelle adresse, en épelant des mots qui sonnent creux et des lieux sans souvenirs. C'est la différence entre faire du tourisme et immigrer dans un pays différent. Entre visiter et vivre. 

Passée cette étape, quand je me sens enfin un peu plus en phase avec ce qui m'entoure, quand j'ai intégré l'idée que je suis dans mon nouveau chez moi, c'est le moment où je comprends clairement si je me plais ou pas. A Hong Kong, je me suis interrogée assez longtemps sur mes sentiments, pas parce que je n'étais pas sûre mais parce que je ne voulais pas accepter le fait que je détestais cette ville. (La bouffe gélatineuse  et la promptitude des Chinois à me laisser crever quand j'ai chopé la grippe A n'ont pas non plus vraiment aidé à mon intégration, il faut bien l'admettre...). A Kolkata, j'ai eu également très vite ce sentiment que l'Inde reste définitivement mon pays, mais que jamais je ne pourrais faire ma vie à Calcutta (et j'avais déjà compris ça avant qu'un rat se glisse dans mon jean pat d'éf et m'escalade le mollet!...).

Pour les Etats-Unis, le processus a été un peu différent, car chaque sensation a été multipliée par 10. Au début, j'étais tellement contente que je me mettais à pleurer dès qu'on ouvrait un guide touristique où qu'on allait sur Google Map! Obiwan a commencé à se demander sérieusement si j'avais pas un déséquilibre hormonal. "Eh! Regarde sur ce site! Ils sont pas mal ces appartements!" Ouiiii-iiiiiiii-iiiiiinnn!!! 

La phase de découverte a été teintée d'heureuses surprises et de désappointements notoires. Ma routine est  maintenant enclenchée. La maison est meublée. Je suis habituée à attendre le bus pendant 3 plombes. La pluie est glacée. J'ai enfin trouvé un supermarché indien. La vie coûte cher. Il y a plein de fous dans la rue. Le paysage est trop joli. Il y a un seul magasin de donuts. Il y a des endroits vraiment glauques. La vue sur la baie est exceptionnelle. J'ai pas de boulot. Je peux manger des saucisses végétariennes. L'argent file beaucoup trop vite...

Et je sens que, petit à petit, je suis en train de tomber amoureuse de la Californie!




1 commentaire:

  1. Chouette conclusion. Ni blanc ni noir, pourvu que le ciel soit dégagé.
    Bisous

    RépondreSupprimer