mercredi 28 novembre 2012

American way of life

Dimanche, on est partis faire un tour au Met, the Metropolitan Museum of Arts. En arrivant là-bas on a été un peu atterrés en voyant le prix d'entrée à $25, mais Obiwan s'est très vite rappelé que la compagnie où il fait son stage lui permet de visiter gratuitement, pour lui et une autre personne, tous les musées de New York. On nous a donc donné un badge et on est rentrés comme des V.I.P. Heureusement d'ailleurs, parce qu'après plus de 2 heures à tourner là-dedans, on avait seulement vu les Égyptiens  Une belle collection d'ailleurs. Ils ont carrément importé les pierres et recrée le tombeau de Ramsès. A noter aussi que les pharaons marchaient avec des tongs en or pur. Pas tiptop au niveau de la souplesse mais ça donnait un petit côté brillant très seyant qui valait bien une ou deux ampoules...!

Petit à petit, on arrive à trouver des astuces pour payer un peu moins cher dans cette ville de dingue. Je vais à Chinatown pour acheter les fruits et les légumes, une grande salade à partager revient moins cher que 2 petites et tous les matins, les cinémas de Times Square font des séances à $7. Le weekend passé, on avait vu "Skyfall" le samedi (la salle était presque vide) et le dimanche le nouveau film de Sharukh Khan "Jab tak hai jaan" (la salle était presque pleine). Curieux les différences entre populations. Les Indiens seront prêt à se lever à 5 heures du matin si ça leur permet de faire 3 centimes d'économie. Pour les Américains, le plus important est de se faire plaisir. Le cinéma c'est le soir, et tant pis si ça coûte le double ou le triple. En ce qui concerne les movie nights, les pop-corn et les soft drink, pas question de faire des compromis. En même temps, il faut bien avouer que les Américains ne font pas des compromis sur grand chose...

Je me suis rappelée récemment cette phrase de George W. Bush. A l'époque où ils faisaient un concours à Kyoto sur celui qui alignerait le plus gros chèque pour avoir le droit de polluer, il avait dit que le mode de vie des Américains n'était pas négociable. Il faut se trouver dans un cinéma à Times Square devant un écran tellement géant on en a jamais vu des aussi grands pour comprendre ce qu'il voulait dire. Les Américains ne négocient pas sur leur qualité de vie. C'est comme ça. Ils mangent dehors tous les jours, et ça ne leur viendrait même pas à l'idée d'accompagner leur burger avec un verre d'eau du robinet plutôt qu'avec un milk-shake.  C'est une population qui ne sait absolument pas ce que le mot 'économiser' veut dire. Ils vivent comme ils l'entendent sans se soucier du lendemain, la seule fausse note du mois étant le jour où il faut payer the credit card bill. On doit être une espèce en voie de disparition, à n'avoir qu'une carte de débit... Alors qu'on se creuse la tête à se demander si on pourrait éventuellement commencer à penser à essayer d'acheter un petit appartement d'ici quelques années, j'ai entendu un chauffeur de bus demander à son collègue si son quartier était sympa pour acheter une maison de 4 chambres...

A New-York en particulier, les choses ne se comptent pas en argent mais en temps. La peine de faire les courses et cuisiner est supérieure à celle de commander dehors. C'est beaucoup plus contraignant de laver et repasser que de tout apporter au dry cleaning. Même dans les laveries, on a l'option de faire tourner sa machine soi-même ou de déposer son panier au gars et de tout revenir chercher 2 heures plus tard. Le bon côté, c'est que ce mode de vie mêlant plaisir et dépendance sur les autres entraîne plein de petits boulots qui ont complètement disparu d'Europe: qui a jamais vu en France des promeneurs de chien?  Des types qui marchent dans la rue avec 7 ou 8 chiens pendant que les propriétaires sont au boulot (ou ont la flemme de sortir dans le froid). Il paraît que ça paye bien d'ailleurs. A peu près $25 par heure et par chien.

De quoi assurer son resto du soir sans se priver...

vendredi 23 novembre 2012

Mc Ciao


Alors que l'on pensait que rien de pire ne pouvait arriver après l'incident de la semaine dernière, une tragédie encore plus terrible nous est tombée sur le nez: j'ai décidé de boycotter le Mc Do. Je sais. C'est incroyable, et je n'aurais jamais pensé en arriver là, mais il y a des fois où il faut relever la tête et marcher avec bravoure... Ça a commencé par un bouquin que j'ai trouvé dans la bibliothèque de notre acteur de Broadway qui m'a absolument terrifiée, suivi de recherches internet assidues sur tous les sites possibles: donc c'est confirmé, aux Etats-Unis, ils parfument leurs frites avec des extraits de viandes pour leur donner un meilleur goût!!! Voilà. Le seul truc qui pouvait être végétarien, ils se débrouillent pour y balancer du boeuf. Et bizarrement ça, ils ne le crient pas sur tous les toits! Ils ne le disent pas dans leurs pubs pour les Happy Meal, un nouveau jouet et des frites au boeuf. Donc voilà, Mc Donald's en Occident, c'est comme Capri, c'est fini! (Et dire que c'était le lieu de mon premier amour...).

Je n'ai pas encore terminé mon deuil de sundae caramel, et malgré les célébrations de la semaine et le paquet de sucre qu'on s'est enfilés, rien n'y fait, ce n'est plus pareil... Parce que oui, cette semaine a aussi été chargée en évènements festifs. Mercredi, c'était notre premier anniversaire de mariage. La première personne à nous le souhaiter, par le biais de Facebook et à l'heure indienne, a été la femme du cousin de la mère d'Obiwan. Et puis la famille, les amis, les beaux-parents au téléphone (père et mère)... Le mari qui oublie son anniversaire de mariage en Inde, ça n'existe pas. Le truc qui est bien comparé à la France c'est qu'un anniversaire de mariage est limite plus important qu'un anniversaire tout court. Genre, si on avait des gosses ils nous auraient offerts des cadeaux (je parle de vrais cadeaux, pas de collages en macaronis). Donc évidemment, toujours logique et pragmatique j'ai calculé: 4 jours de mariage = 4 gâteaux. Cheesecake, shortcake, layer cake, lemon cake... Un bon équilibre. Le lendemain, c'était Thanksgiving. Thanksgiving, c'est une des fêtes préférées des Américains. Basiquement, ils passent la journée à manger et à regarder la parade à la télé, donc nous avons mangé et regardé la parade à la télé. On aurait pu aller sur place, vu que le défilé avait lieu à seulement 2 avenues de chez nous, mais pour espérer voir quelque chose il aurait fallut se pointer là-bas avant 6 heures du matin. Durant toute la matinée ils paradent sur des chars et avec des gros ballons gonflés à l'hélium: Spiderman, Hello Kittie, Uncle Sam, Pokemon... C'est amusant à voir mais tout de même un peu orienté enfants et consommation. Quelques Indiens ont défilé en chantant, vu que c'est une fête qui célèbre l'amitié entre les pèlerins et les natifs (après les avoir tous exterminés ils leur ont donné un bout de dinde rôtie et une claque amicale dans le dos), et de nombreuses stars habitant à New York sont venues expliquer comme chaque année  sur CBS qu'elles n'avaient jamais vu une parade aussi belle.

Le jeudi de Thanksgiving démarre la période de festivités jusqu'à Noël. New York sent les vacances et la magie de l'hiver. A chaque coin de rue on trouve des bénévoles de l'armée du salut qui secoue une clochette pour qu'on dépose des dons dans leurs petits sauts, exactement comme dans Friends. Aujourd'hui, c'est le black Friday qui démarre la période de soldes. Un black Friday très positif à ne pas confondre avec le black Thursday de la crise de 29. Black Friday parce que toute l'année les magasins sont plus ou moins dans le rouge au niveau des ventes et c'est à partir de Thanksgiving qu'ils font leur plus gros chiffre d'affaire. Les soldes monstres ont commencé cette nuit, avec des discounts spécial entre minuit et 5 heures du matin. On n'est pas partis parce qu'Obiwan devait quand même allait faire un tour au boulot ce matin mais ça doit être vraiment inhabituel et amusant d'acheter des fringues à 3 heures du matin! A 7h en allant au boulot il a croisé des gens qui rentraient chez eux, les bras encombrés de sacs énormes Macy's et Old Navy. Ils sont incroyables ces américains...

D'ailleurs, je vais aller y faire un tour aujourd'hui. J'ai besoin d'acheter des lunettes de soleil très foncées. Je vais me la jouer star en vacances. Pas parce qu'il y a trop de soleil. Pas parce qu'il y a de la neige. C'est simplement pour éviter d'apercevoir tous les Mc Do qui se trouvent sur ma route!

mercredi 14 novembre 2012

Une époque fourmidable

Hier, c'était Diwali, la fête des lumières. Dans tout le nord de l'Inde, les gens ont allumé des bougies et des pétards, et même si les Bengalis ne célèbrent pas vraiment ce festival, on s'est dit qu'on allait tout de même faire un petit quelque chose. Et pour le coup, on n'aurait pas pu faire mieux dans le genre feu d'artifices!

Il faut d'abord savoir qu'on a déménagé de notre chambre dans Upper East Side pour un petit studio dans le quartier de Hell's Kitchen (le bon présage avec un nom pareil!). Le quartier est super, surtout que j'ai un faible pour l'ouest de New York, près de Times Square sans pour autant être au milieu des touristes, Obiwan peut marcher jusqu'à son travail et on est à proximité de tout. En fait, c'est un acteur de Broadway (pas une super star malheureusement) qui nous loue son appartement pendant qu'il est en déplacement à Boston ou Chicago pour donner des cours d'acting. Jusque-là, tout va bien. Le seul problème, c'est qu'avant de partir, il avait oublié de nous expliquer comment marchait le four.

Déjà, je l'avais déjà remarqué en Californie, les fours sont toujours à gaz, et chaque fois qu'on allume, il y a cette odeur persistante, à se demander s'il n'y a pas une fuite. Après on s'y fait, bien sûr, mais c'est assez étonnant, j'aurais pensé qu'aux Etats-Unis en 2012 tout était électrique... Le problème, c'est que dans ce studio, la gazinière est très très vieille; en fait, c'est le modèle du XIXème siècle où il faut tourner le bouton et craquer une allumette pour que ça marche. Mais moi, je n'étais pas au courant... Donc hier, pour fêter Diwali, on commande des trucs au resto indien à côté, et puis je tourne le bouton pour réchauffer les naans. Et comme j'avais acheté des bougies, mais que je n'avais pas de briquet, j'ai voulu enflammer la mèche en ouvrant le brûleur. Le four m'a explosé à la figure. En fait, comme je ne savais pas qu'il fallait mettre une allumette dedans, au lieu de chauffer il s'est rempli de gaz, et quand j'ai allumé le feu au dessus, ça a sauté. Et puis, pendant un bref moment il y a eu du feu dessous mais il s'est éteint tout seul, et puis le feu de la gazinière ne fonctionnait plus, mais on n'était pas sûr que le gaz ne continuait pas de sortir. C'est là qu'on a composé le numéro magique de 911.

911 au cinéma: la fille se retrouve dans une cabane abandonnée au fin fond du Midwest, elle voit l'ombre d'un arbre se refléter contre la vitre, compose le 911 depuis son iphone et elle a à peine le temps de dire "Oh! My God!" qu'ils sont déjà là en train de l'évacuer sur un brancard.

911 dans la réalité: ils te demandent de répéter 15 fois ton adresse et pourquoi on appelle. "Notre four a explosé, il y avait du feu mais il est éteint maintenant, par contre on voudrait vérifier qu'il n'y a pas une fuite de gaz." " Répétez votre adresse et le motif de votre appel." "Notre four a explosé, il y avait du feu mais il est éteint maintenant, par contre on voudrait vérifier qu'il n'y a pas une fuite de gaz." "On vous met en relation avec le fire department". Fire department: "quelle est votre adresse et le motif de votre appel?" "Notre four a explosé, il y avait du feu mais il est éteint maintenant, par contre on voudrait vérifier qu'il n'y a pas une fuite de gaz." 10 minutes l'appel aux pompiers. 2 minutes après, le camion, la sirène qui hurle dans la rue, et 3 mecs qui déboulent avec leur casque, leur tuyau et leur uniforme jaune: "où est le feu???" Euh... On vient d'expliquer pendant 3 heures que le feu était éteint mais qu'on voulait vérifier qu'il n'y avait pas une fuite de gaz. 

Dans les films, le pompier essuie tes larmes d'une main rassurante en te disant ne vous en faites pas ma p'tite dame, on va vous le sauver votre ours en peluche. Dans la réalité, le pompier est limite en train de t'engueuler  et va farfouiller derrière la gazinière pour couper le gaz d'un geste rageur. Et il s'en va sans même te souhaiter un joyeux Diwali... Notre premier Diwali depuis notre mariage d'ailleurs. Obiwan étant un firm believer de tout ce qui commence mal continue bien est persuadé que nos prochains Diwali seront super génial. En même temps, ça risque d'être assez difficile de faire pire que de se tuer en soufflant l'immeuble avec nous... On a placé la barre trop haut la première fois.

On est presque sûrs maintenant que le l'acteur de Broadway va gentiment nous demander de dégager dans les plus brefs délais. Voilà ce qui arrive quand on sous-loue l'appartement d'un acteur inconnu. Je suis sûre que si on était tombés chez Jake Gyllenhaal, le four aurait été flambant neuf!


mercredi 7 novembre 2012

Remember, remember the 7th of November

Remember, remember the 7th of November... Pas parce qu'Obama a été réélu! Obiwan était sûr qu'il allait gagner, mais moi j'avoue que j'avais un peu plus de doutes. Mais c'est vrai que ses deux derniers débats étaient bien meilleurs que le premier, et puis Sandy lui a donné l'occasion de montrer qu'il réagissait bien en temps de crise. Il rempile pour 4 ans et Romney un peu dégoûté a dit dans son discours de perdant que c'était bien dommage et que sa femme aurait fait une first lady épatante.

Remember, remember the 7th of November parce qu'aujourd'hui on a reçu nos premiers flocons! Donc il y a une semaine on se tapait un cyclone tropical et aujourd'hui, la neige... Normal. Les New Yorkais n'ont pas l'air d'être plus traumatisés que ça, comme quoi m'empiffrer de donuts toute la journée ne fait pas de moi une vraie américaine. La route est encore longue jusqu'au flegme inaltérable et au sourire blasé. Ça donne une idée du genre d'hiver qui m'attend... Je me suis fait trempée en attendant le bus parce qu'il me fallait traverser la ville pour acheter les gâteaux dans la bonne boulangerie. Il faut bien fêter la victoire d'Obama quand même! Le plan original, c'était de regarder les résultats sur les écrans géants à Times Square. Quand j'ai su qu'il faudrait attendre jusqu'à minuit dans le froid, je suis immédiatement passée au plan B: regarder les résultats sur l'ordinateur depuis la maison bien au chaud. Ça c'est un truc génial à New York, il est illégal de faire payer le chauffage. C'est pour ça qu'ils redoutent plus l'été que l'hiver ici, l'air conditionné est beaucoup plus salé sur la facture.

Que dire des élections américaines? Déjà, elles ont lieu le premier mardi du mois de novembre, et ce n'est pas un jour férié. Les gens doivent se débrouiller pour aller voter avant ou après le travail, ou bien à la pause déjeuner. A New York, beaucoup de gens ne votent pas, simplement parce qu'ils disent que ça ne sert à rien  étant donné que l'état est démocrate. J'avoue que ça me choque un peu. Je pense toujours qu'il vaut mieux voter blanc que pas du tout. Quand on a la chance de faire partie d'une démocratie on en profite. Il y en a plein à côté qui se font tuer pour avoir le droit de choisir leur président. En même temps, ça vient du système en place. Non seulement ils prennent en compte le vote populaire, mais aussi et surtout le collège électoral. Il faut avoir 270 sièges pour être élu, et chaque état a un nombre qui lui est attribué. Genre la Californie, elle donne directement 55 sièges au candidat. Donc on se retrouve avec des tout petits états qui sont hyper importants parce qu'ils représentent beaucoup de sièges. La côte ouest n'avait pas encore fini de voter qu'ils savaient déjà qu'Obama avait gagné parce qu'il avait remporté la Floride et l'Ohio. Du coup on a pu aller se coucher tout contents avant même de connaître le résultat officiel. Le truc de dingue, c'est qu'à la base de base, le système de sièges a été calculé en prenant en compte pas seulement la taille des états ou la population, mais les origines raciales. Parce qu'ils voulaient pas non plus que les noirs aient une trop grande influence sur les élections...

Et en regardant les résultats petit à petit, on voyait la carte se colorer quasiment qu'en rouge, mais comme ce n'était pas des états avec de nombreux sièges, Romney a quand même perdu. Et toc! Bon, c'est vrai que concrètement, ça ne change absolument rien pour nous. Mais le truc, c'est que je ne supportais pas son brushing. Le cheveu ondulant et l'oeillade charmeuse, moi ça m'énerve. Et puis le mec il se tient plus droit qu'un prof de yoga, on dirait qu'il a avalé un balai le pauvre. Obama est bien plus sympatoche avec ses grandes oreilles et ses blagouses comme dans son discours: "I want to thank every American who participated in this election wether you [...] waited in line for a very long time. By the way, we have to fix that!" Autant rigoler maintenant, parce que je suis pas sûre que les Américains sont aussi emballés qu'en 2008. Mais ils se sont dit que ce serait encore pire si Romney augmentait leurs impôts.

En tout cas, le bon côté c'est que la réélection d'Obama m'a donné l'occasion de manger de la pizza à midi, et des cupcakes ce soir. Célébration oblige. Le mauvais côté c'est qu'avec la neige, je ne peux pas aller à la salle de sport.

Et encore une fois, ce n'est pas de ma faute!!!

jeudi 1 novembre 2012

Sandy kilomètres heure

Dès vendredi après-midi, on est passés en état d'urgence ouragan. Au passage, je voudrais noter qu'il y a décidément un gros problème avec la Terre. Je comprends qu'il y ait des ouragans dans les Caraïbes, la mer est chaude, c'est normal. Mais un ouragan à New York, qui plus est au mois d'octobre, c'est aussi déstabilisant qu'un épisode caniculaire dans le Groenland ou qu'une épidémie de chikungunya en Scandinavie. Ça ne devrait pas arriver!  Plus un ouragan monte, plus il est censé s'affaiblir, pas se renforcer. A ceux qui disent que l'effet de serre c'est de la gnognotte, je vous propose de venir vous installer dans le Queens...

Bref, j'avoue qu'au début je ne l'ai pas pris très sérieusement, et je me suis surtout demandée si tout ça n'allait pas compromettre mes plans du week-end, c'est à dire:
1. Aller à Chelsea pour manger de la pizza
2. Aller à West Village pour manger des cupcakes

Plans qu'on a pu heureusement mettre en pratique étant donné que la tempête n'est arrivée que lundi soir. On a quand même fait des provisions. Quand il m'a vue stocker 8 litres d'eau, Obiwan s'est moqué de moi en disant que j'étais parano. Il faut dire pour sa défense que, contrairement à moi, les seuls typhons qu'il a connus étaient à Hong Kong, et là pour le coup ce sont de vraies chochottes. Un petit coup de vent et ils passent direct en alerte 3; le truc il est à peine en train de survoler Bornéo qu'ils sont déjà tous calfeutrés chez eux à se faire livrer un Mc Do à domicile. En l’occurrence,  ce cyclone a coupé la ville en 2: le sud a expériencé un ouragan guadeloupéen et le nord un typhon hongkongais.

Obiwan est parti lundi travailler comme d'habitude à 7 heures du matin, malgré la fermeture des métros. A 11 heures, son manager l'a obligé à revenir à la maison, sinon je le connais, il y serait resté! (l'instinct indien de se tuer au travail, moi je comprendrai jamais...). Tout était fermé, la ville était complètement morte, et malgré tout, il y avait à peine un petit vent et quelques rares gouttes de pluies. A 7 heures du soir, on est sortis devant la maison, mais pareil, il n'y avait rien de rien. Juste un peu de pluie et de courant d'air dans l'Upper East Side alors qu'au même moment dans le West Village la façade d'un immeuble était en train de s'écrouler. On n'a absolument rien senti! Comme quoi, quelque chose de bien est ressorti de notre appartement pourri sans fenêtre. Le vent n'a eu aucune emprise sur nous. On n'a même pas eu de coupure d'électricité. Je le sais car j'ai entendu le ventilateur tourner toute la nuit. (Car oui, la vie étant d'une ironie merveilleuse, on vient de passer les 6 derniers mois en Californie à mettre le chauffage même au mois de juillet, et il faut arriver à New York en octobre pour être confinés dans une chambre surchauffée et sans air!). Le cyclone a tellement épargné notre côté que  même les seaux et les toiles sur les échafaudages contre le mur n'ont pas bougé! Et juste quelques rues plus bas c'était l'apocalypse!...

Le lendemain, en sortant dans la rue, la première chose qui nous a frappés, c'était la foule de gens qui se pressait devant les rares restaurants ouverts. Même après un ouragan, le New Yorkais ne cautionne pas de manger chez lui. On a même aperçu une femme chez American Outfitter. C'est sûr qu'on ne peut pas permettre à un gros cyclone de retarder les choses importantes telles que l'achat d'un jogging... A 7 heures du soir, il y avait la queue devant les pubs dans ma rue. Alors maintenant, est-ce que les New Yorkais des quartiers chics ne se laissent démonter en aucune circonstance, ou bien sont-ils un tout petit peu insensibles au malheur de ceux qui ont perdu leur maison dans les incendies et les inondations? Cette interrogation est soumise à l'appréciation de chacun. Pour le coup je n'ai rien à dire, on a mangé dehors nous aussi: autant donner une bonne raison à ceux qui ont choisi de venir travailler malgré tout! Tout comme je me suis sentie obligée d'acheter 500 grammes de bonbons pour fêter Halloween, puisque le magasin était ouvert hier. Par contre, c'est la salle de sport qui est fermée.

Mais encore une fois, ce n'est pas de ma faute!