On voit que les vacances sont passées par
là... Pourtant, au début, j’étais bien motivée avec mes petits dialogues et
mes listes de vocabulaire. Mais j’avoue que très vite, j’ai laissé tomber les
révisions et j’ai utilisé ce créneau horaire pour jouer à la Wii et regarder
des épisodes de Columbo (oui, oui, je parle bien de la série des années 70…).
Et pourtant, je suis la première à le dire : quand on apprend une langue
étrangère, il faut cons-ta-mment pratiquer ! Et surtout
moi qui suis longue à la détente.
A la base, c’était ma sœur la plus douée pour
les langues dans la famille ; celle qui parlait couramment créole 2 mois
après être arrivée aux Antilles ou celle qui, à 16 ans, était venue voler à la
rescousse de mon père et son germano-anglais dans les rues de New York. Chez
moi, au contraire, le processus est généralement beaucoup plus lent et
laborieux. Après plus de 400 épisodes de mon manga (visionnés encore et encore),
j’avoue que mes connaissances en japonais se limitent à : bonjour, merci,
putain, imbécile, désolé, feu, bois, épouvantail et compter jusqu’à 9. C’est
pas brillant.
Par contre, ma grande force c’est d’être
capable de travailler comme une acharnée si j’en ai la motivation…Et comme coup
de boost, rien ne vaut de se sentir étranger à son propre mariage ! C’est
radical ! Aaaah ! Les joies d’une salle pleine à craquer qui
bourdonne d’insonorités incompréhensibles…Bien sûr, j’aimerais à terme
apprendre le hindi, en plus du bengali, ça me servirait beaucoup plus et je pourrais facilement
m’entraîner avec un bon Bollywood. Mais bon, comme on dit, chaque chose en son
temps et un temps pour chaque chose.
A dire vrai, il y a quelques avantages à ne
rien comprendre de ce qui ce dit autour de vous, notamment celui d’éviter
quelques conversations délicates avec la grand-mère d’Obiwan:
« jhenxkfhncjkjnuyvhncjhgdfchg » ; « elle te demande combien de
fois par semaine tu vas à l’église pour prier Jésus. »…….… Durant notre
mariage aussi, ça a bien aidé Obiwan de pouvoir coder de temps en temps un
message en français quand il devait faire les présentations avec les membres de
sa famille éloignée : « Bon, alors lui, j’ai absolument aucune idée
de qui c’est, alors tu fais simplement ‘aaaaaaaaaaaah ok!’ avec un grand
sourire… ».
J’ai vraiment très envie de comprendre le bengali.
Pas seulement parce que c’est la langue du cœur, la langue maternelle d’Obiwan,
c’est vraiment une très jolie langue. Mais c’est aussi une langue extrêmement
difficile à comprendre, avec une structure de phrase super complexe et une
manière vraiment spéciale de dire les choses. Ça m’est déjà arrivée de voir des
phrases avec un même verbe conjugué au passé et au futur, l’un après
l’autre ! « Blablablabla niyé nebo ». Niyé = prendre au passé,
nebo = prendre au futur. Normal, tout va bien. Je connais le présent, je connais le passé et
le futur, je connais plein de mots et plein de verbes, et malgré tout, je ne
comprends toujours rien. Je peux comprendre tous les mots d’une phrase sans
jamais réussir à accéder au sens, et il n’y a rien de plus frustrant ! Je
vais prendre un exemple. Un jour je discutais avec un ami qui me dit d’écouter
absolument cette chanson « amake amar thakte dao ». Très bien. Je
comprends tous les mots. Amake = me, moi ; parle-moi = amake bol. Pas de
problèmes. Amar = mon, ma ; amar beral = mon chat. On continue. Thakte =
to stay en anglais, c'est-à-dire habiter, rester, demeurer. Et dao =
donne ; amake dao = donne moi. Je me retrouve donc avec une phrase dont je
comprends tous les mots, mais le sens reste pourtant assez mysterieux ("me moi rester donne", c'est un peu vague!). Ce que ça voulait dire, en fait, c’était :
« Laisse-moi rester moi-même » !
CQFD.
Toujours bien écrit
RépondreSupprimerBisous