lundi 30 juillet 2012

horror@aurora

La semaine passée a été placée sous le signe du dingue qui a shooté les gens dans un cinéma. Partout ils ne parlaient que de ça! Et comment sur sa photo d'université il avait l'air normal, et comment le soir de la tuerie il avait teint ses cheveux en rouge et avait l'air d'un dégénéré. Et comment il avait voulu s'inscrire dans un centre de tirs mais ils l'ont refusé parce qu'il n'avait pas l'air net... Et quelle stratégie ses avocats vont maintenant adopter pour essayer de lui éviter la peine de mort! On pensait que cette histoire allait réveiller le débat de la légalité des armes à feu aux États-Unis, mais même pas... Aucune allusion ni de règlements de comptes dans la presse.

Il faut dire que les pro flingues ont les arguments pour contre-attaquer. A celui qui dira que si les armes n'étaient pas en vente libre le type n'aurait pas pu se les procurer, l'autre répondra que si quelqu'un dans la salle avait eu un gun sur lui il aurait pu tirer sur le fou et éviter qu'il y ait tant de morts. Et quelque part ce n'est pas faux. Celui qui veut se procurer une arme trouve toujours en moyen. En France elles ne sont pas légalisées mais ça n'a pas empêché l'autre malade de tuer ces pauvres gosses dans leur école... 

Et puis aux Etats-Unis, il ne faut pas croire que ce sont les méchants cow-boys républicains qui sont pour les flingues pendant que les gentils nounours démocrates sont contre. Le débat est un tout petit peu plus compliqué que ça. Surtout qu'à la base, j'imagine que les trois quart des gens qui possèdent un pistolet ne se trimballent pas avec dans la rue!Ils le gardent plutôt chez eux sous l'oreiller. Non, le coeur du problème, c'est que les Américains ne peuvent pas cautionner que l'on touche à leur liberté individuelle, et posséder un gun est un droit basique chez eux. Et remettre en question ce droit-là remettrait en question d'autres aspects de la liberté individuelle; ça ouvrirait la porte à toutes les fenêtres comme on dit... Voilà le problème. La sacro-sainte liberté. Partout, partout, dans les journaux, à la télé, dans les émissions, jamais on n'a vu autant de liberté d'expression, de critiques, de moqueries... Dans la rue les gens se baladent comme ils ont envie; hier encore j'ai vu une femme au supermarché qui portait un chapeau- perruque en papier de toutes les couleurs. Personne ne se retournera sur elle ou osera simplement lui lancer un regard perplexe. Il est impensable de questionner la liberté des gens, un point c'est tout. Évidemment, ce débat n'avance en rien la pauvre fille enceinte de 9 mois qui se faisait sa dernière toile avant sa date d'accouchement une semaine plus tard, et qui s'est trouvée dans le mauvais fauteuil au mauvais moment. L'analyse et la parlotte n'efface pas l'horreur de la situation...

Et au milieu de tout ça, il y a nous, expatriés lambda, conscients qu'à chaque fois qu'on monte dans un bus ou qu'on va à la banque, on pourrait se retrouver au milieu d'une prise d'otages. Il faut faire avec. Et même si ça ne nous empêche pas de vivre ou d'aller où on a envie, il faut le savoir: de temps en temps, dans ce pays, il y a quelqu'un qui pète un câble! (Avant le cinéma, la précédente tuerie avait eu lieu dans la ville voisine, à 15 kilomètres de la maison). C'est comme ça, il n'y a rien à faire! Un massacre en remplace un autre, une tragédie succède à une autre.

Bien sûr, chacun est en droit à ses opinions, et moi, en l’occurrence je suis une pacifiste et je n'aime pas les flingues. Mais ironiquement, on vit dans un monde ou le prix symbolique de la paix, justement, porte le nom du type qui a inventé la dynamite...







1 commentaire:

  1. Bon, mais si on fabriquait pas de flingues, ce serait plus simple...

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