mardi 24 juillet 2012

Chevaux au vent


On a décidé de partir un de ces jours faire un petit tour à Los Angeles; soit en en août soit en septembre. En cette saison, j’espère que j’aurai enfin l’occasion de porter  le short en jean que j’avais acheté à Las Vegas et que je n’ai jamais pu mettre ici! Au programme: visite de Beverly Hills et lézardage sur la plage de Santa Monica!

Los Angeles, pour moi c’est l’équivalent bling-bling d’un pèlerinage à la Mecque. Toute ma religion est basée sur Hollywood. Sans stars, pas de magazines à potins! Bien sûr, mes torchons préférés sont probablement la troisième cause de déforestation de l’Amazonie après les baguettes chinoises et le papier toilette, mais là n’est pas le débat. Que serait le monde sans potins? Des heures et des heures de vide dans les trains et les avions. Un meuble télé désespérément triste. Des dizaines de sites internet tués dans l’œuf. Tous les matins avec Obiwan on a notre routine actualité: il lit les news du monde et de l’économie pendant que je me mets à jours des gossips.


Il ne faut pas croire! Etre une lectrice assidue de People et Voici suppose un entraînement ardu et une approche philosophique extrêmement complexe. Si l’on n’a pas atteint un certain degré de cynisme et de perversité, inutile d’ouvrir un magazine à potins, on ne sera pas capable de saisir l’essence même de sa finalité. Si c’est pour faire des « Oh! » et des « Ah! » émerveillés devant une rétrospective du tapis rouge au dernier festival de Cannes, ça ne sert à rien de lire les potins. La star juchée sur des talons 12 centimètres est aussi riche d’interprétations qu’un tableau de Van Gogh. Déjà, il faut être bilingue en Photoshop : repérer d’un coup d’œil quelle ride a été effacée et quel abdomen a été aplati. Ensuite, il ne faut pas se laisser impressionner par le maquillage et le luxe apparent: plusieurs heures d’entraînement sont nécessaires avant d’être capable de visualiser la cellulite à travers les dentelles d’une robe Versace. Je ne veux pas me vanter mais dans ce domaine je suis une fine experte. Il faut dire que j’ai beaucoup d’années d’expérience sous le capot; je suis devenue imbattable. Par exemple, j’avais compris bien avant tout le monde l’opération de communication et le véritable enjeu derrière le divorce de Tom Cruise et Katie Holmes. J’ai même avancé un montant en millions à Obiwan. Il faut savoir lire entre les lignes: « J’ai peur de ta démence scientologue » signifie en fait « Fais moi un gros chèque si tu ne veux pas que je ruine ta réputation » …!

Très important aussi, il faut savoir mettre à profit chaque indice et optimiser chaque information si on veut parler people. Par exemple, j’ai trouvé dans mon supermarché le shampooing qu’utilise Jennifer Aniston. Retour sur la réflexion analytique parcourue: 1. Traitement de l’information: dans People magazine, Jennifer nous explique qu’elle utilise depuis de nombreuses années un shampooing pour chevaux. 2: Analyse objective et délibération poussée: utiliser un shampooing pour chevaux? Oui, ça a du sens; s’il est capable d’assouplir le crin d’un canasson, pourquoi cela ne marcherait-il pas sur mes cheveux? 3. Corrélation arguments/ mise en pratique: dans mon supermarché US, je tombe sur la fameuse bouteille au nom inratable: ‘Mane and tail’; le cheval étant un animal assez imposant, pour laver la bête il faut prévoir un volume XL. $6 pour un litre de shampooing chaudement recommandé par Jennifer Aniston, c’est une affaire! Et voilà la preuve par trois d’une utilisation pertinente de potins! Par contre, quand Victoria Beckam explique qu’il faudrait exclusivement se nourrir de citron et s’hydrater le visage avec du placenta de brebis on oublie: elle est débile et on ne voudrait surtout pas avoir sa tronche! Trier, sélectionner, c’est la base même de la lectrice aboutie.

Me voilà donc toute prête à rencontrer n’importe quelle star devant les magasins de Rodeo Drive. Si je croise Demi Moore, je lui demanderai si elle a réglé ses problèmes communicationnels avec ses filles; si je croise Johnny Depp, je lui dirai que c’est pas joli-joli de tromper sa femme; et si je croise Ashton Kutcher je ferai semblant de ne pas le reconnaître!

Et si je ne croise personne, j’aurai au moins pu porter mon short en jean!

1 commentaire:

  1. On peut très bien utiliser ton approche dialectique du phénomène people pour cerner notre ex-pas-regretté-président !

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