On a décidé de partir un de ces
jours faire un petit tour à Los Angeles; soit en en août soit en septembre. En
cette saison, j’espère que j’aurai enfin l’occasion de porter le short en jean que j’avais acheté à Las
Vegas et que je n’ai jamais pu mettre ici! Au programme: visite de Beverly
Hills et lézardage sur la plage de Santa Monica!
Los Angeles, pour moi c’est
l’équivalent bling-bling d’un pèlerinage à la Mecque. Toute ma religion est
basée sur Hollywood. Sans stars, pas de magazines à potins! Bien sûr, mes
torchons préférés sont probablement la troisième cause de déforestation de
l’Amazonie après les baguettes chinoises et le papier toilette, mais là n’est
pas le débat. Que serait le monde sans potins? Des heures et des heures de vide
dans les trains et les avions. Un meuble télé désespérément triste. Des
dizaines de sites internet tués dans l’œuf. Tous les matins avec Obiwan on a
notre routine actualité: il lit les news du monde et de l’économie pendant que
je me mets à jours des gossips.
Il ne faut pas croire! Etre une
lectrice assidue de People et Voici suppose un entraînement ardu et une
approche philosophique extrêmement complexe. Si l’on n’a pas atteint un certain
degré de cynisme et de perversité, inutile d’ouvrir un magazine à potins, on ne
sera pas capable de saisir l’essence même de sa finalité. Si c’est pour faire
des « Oh! » et des « Ah! » émerveillés devant une rétrospective
du tapis rouge au dernier festival de Cannes, ça ne sert à rien de lire les
potins. La star juchée sur des talons 12 centimètres est aussi riche
d’interprétations qu’un tableau de Van Gogh. Déjà, il faut être bilingue en Photoshop :
repérer d’un coup d’œil quelle ride a été effacée et quel abdomen a été aplati.
Ensuite, il ne faut pas se laisser impressionner par le maquillage et le luxe
apparent: plusieurs heures d’entraînement sont nécessaires avant d’être capable
de visualiser la cellulite à travers les dentelles d’une robe Versace. Je ne
veux pas me vanter mais dans ce domaine je suis une fine experte. Il faut dire
que j’ai beaucoup d’années d’expérience sous le capot; je suis devenue
imbattable. Par exemple, j’avais compris bien avant tout le monde l’opération
de communication et le véritable enjeu derrière le divorce de Tom Cruise et
Katie Holmes. J’ai même avancé un montant en millions à Obiwan. Il faut savoir
lire entre les lignes: « J’ai peur de ta démence scientologue »
signifie en fait « Fais moi un gros chèque si tu ne veux pas que je ruine
ta réputation » …!
Très important aussi, il faut savoir
mettre à profit chaque indice et optimiser chaque information si on veut parler
people. Par exemple, j’ai trouvé dans mon supermarché le shampooing qu’utilise
Jennifer Aniston. Retour sur la réflexion analytique parcourue: 1. Traitement
de l’information: dans People magazine, Jennifer nous explique qu’elle
utilise depuis de nombreuses années un shampooing pour chevaux. 2: Analyse
objective et délibération poussée: utiliser un shampooing pour chevaux?
Oui, ça a du sens; s’il est capable d’assouplir le crin d’un canasson, pourquoi
cela ne marcherait-il pas sur mes cheveux? 3. Corrélation arguments/ mise en
pratique: dans mon supermarché US, je tombe sur la fameuse bouteille au nom
inratable: ‘Mane and tail’; le cheval étant un animal assez imposant, pour
laver la bête il faut prévoir un volume XL. $6 pour un litre de shampooing
chaudement recommandé par Jennifer Aniston, c’est une affaire! Et voilà la
preuve par trois d’une utilisation pertinente de potins! Par contre, quand
Victoria Beckam explique qu’il faudrait exclusivement se nourrir de citron et
s’hydrater le visage avec du placenta de brebis on oublie: elle est débile et
on ne voudrait surtout pas avoir sa tronche! Trier, sélectionner, c’est la base
même de la lectrice aboutie.
Me voilà donc toute prête à
rencontrer n’importe quelle star devant les magasins de Rodeo Drive. Si je
croise Demi Moore, je lui demanderai si elle a réglé ses problèmes communicationnels
avec ses filles; si je croise Johnny Depp, je lui dirai que c’est pas joli-joli
de tromper sa femme; et si je croise Ashton Kutcher je ferai semblant de ne pas
le reconnaître!
Et si je ne croise personne,
j’aurai au moins pu porter mon short en jean!
On peut très bien utiliser ton approche dialectique du phénomène people pour cerner notre ex-pas-regretté-président !
RépondreSupprimer