mardi 18 décembre 2012

From Hell

Vendredi l'Amérique s'est réveillée. Mais pour ça, il a fallut qu'un dingue de plus aille shooter des pauvres gosses de CP dans une école du Connecticut. Depuis qu'on est arrivés en mars, il y a eu si j'ai bien compté:
- un shooting dans une université en Californie (dans la ville voisine de la nôtred'ailleurs)
- un shooting dans un cinéma du Colorado
- un shooting dans un temple Sikh au Wisconsin
- un shooting dans un centre commercial dans l'Oregon
- et ces pauvres gosses.
Pour résumer, il n'y a absolument AUCUN endroit sûr aux Etats-Unis. Que tu veuilles prier, étudier ou faire des courses, dans tous les cas tu risques toujours de te prendre une balle. Les Américains ont tellement peur de ces scènes de violence dans les écoles qu'ils se tournent de plus en plus vers le 'home-schooling", l'enseignement à la maison.

Pour la première fois, enfin, le débat sur les armes a enragé les médias et les représentants de la NRA se sont fait hurler dessus. Parce que honnêtement, il y a trop de flingues dans ce putain de pays. Par exemple, lundi dernier, à Colombus Circle qui est un endroit très fréquenté à la fois par les New-Yorkais et les touristes, il y a eu un règlement de compte pour une sombre histoire de drogues. En pleine journée et devant les caméras, un type marchait en textant sur son iphone, un gars est arrivé par derrière, il a sorti son flingue lui a tiré une balle dans la tête et est reparti tranquillou. 

La vérité, c'est que le débat sur les armes à feu a vite fait place à celui sur l'encadrement des personnes mentalement instables, et ce dès qu'ils ont su que le gamin en question était autiste ou schizophrène ou quoi que ce soit d'autre. Et encore une fois ça ne fera pas revenir ceux qui sont partis. Dans un cas comme ça les mots ne servent à rien. C'est tellement horrible et inhumain que ça en tord les tripes. La pire chose possible au pire moment possible. A une semaine de Noël, des gamins de 6 ans... Et notre prêtre de Harlem qui s'était chauffé comme un popcorn en moulinant les bras et en criant : "Personne ne peut questionner les méthodes du Seigneur", il a dû avoir de sacrés problèmes pour convaincre ses fidèles qu'il fallait continuer à ne pas poser de questions... Et puis les journalistes ne peuvent pas s'empêcher de mêler un peu de racolage à l'information. Comment est-ce que ça aide le public de savoir que le fou a shooté tout le monde de plusieurs balles à bout portant, que les flics sur place n'avait jamais vu une telle boucherie ou que les parents n'ont pas pu voir les corps de leurs gosses parce qu'ils n'étaient pas identifiables?

Toutes ces horreurs du vendredi, à seulement à 60 miles d'ici, n'ont pas empêché les étudiants New-Yorkais de célébrer Santa Con le lendemain. Santa Con basiquement, c'est le weekend une semaine avant Noël pendant lequel les jeunes de 16 à 26 ans se déguisent en père noël et passent la journée à aller d'un bar à l'autre. A chaque coin de rue on peut voir des troupeaux de père noël complètement bourrés un verre de bière dans chaque main. C'est sûr que c'est moins conventionnel que le gros Santa qui fait "hohoho!". Mais peut-être qu'à eux aussi on peut soumettre une liste de voeux. Avec en tête un monde moins tordu et la destruction de tous les flingues...


1 commentaire:

  1. Parait même qu'au Texas, dans un collège, les profs sont armés...Et pas avec des Taser !!

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