dimanche 26 août 2012

Arnaques, crimes et botanique


Alors qu’il y a des jours où on bénit les Etats-Unis (jours qui coïncident généralement avec ceux où on a de la pizza à dîner), il y a aussi des jours où on en a vraiment ras-le-bol. Par exemple la fois où ils ont annulé 2 bus sans préavis et que je me suis retrouvée à attendre 98 minutes à l'arrêt, je dois avouer que j’étais loin d’émettre des ondes d’amours en arrivant à la maison. En Californie comme ailleurs, il y a des jours où tout fout l’camp, et même tous les donuts du monde ne peuvent rien y changer.

Par exemple, le jour où je me suis fait piquer mon vélo. J’arrive en bas de chez moi pour trouver mon câble antivol sectionné proprement. Franchement, je ne comprends toujours pas en quoi un ancien modèle complètement rouillé, sans frein et avec le pneu arrière perpétuellement à plat a pu intéresser quelqu’un au point qu’il revienne avec une paire de cisailles. Un vélo que j’avais payé 25 dollars, qu’est-ce que les gens vont bien pouvoir faire avec ça? Pour moi il était parfait, avec un petit panier devant pour pouvoir caser le sachet de donuts… C’est vraiment malin!

L’autre grosse arnaque du moment c’est au niveau de la recherche d’appartement à New-York. Déjà ce qu’il faut savoir, c’est que tous les résidents de Manhattan sont apparemment millionnaires. Là-bas, on propose quand même des chambres en coloc’ pour 1500 euros par mois. Au début, on regardait sur Craiglist les annonces pour studios. Il arrivait qu’au milieu d'un tas de chiffres trop grands pour être prononcés correctement on trouve un petit bout de vie privée pour un prix abordable (enfin… tout est relatif). Un 30 mètres carrés lumineux avec les murs fraîchement repeints et une cuisine dernier cri. Le problème, c’est qu’en faisant une recherche d’image inversée sur google, on se rend compte que les photos proviennent en fait d’un appartement sur les Champs Elysées qu’un type a collé sous une fausse adresse à New-York en espérant trouver un pigeon qui lui versera 2 mois de caution avant d’arriver sur place! Maintenant, on ne cherche même plus à être seuls. On s’est faits à l’idée qu’on partagera la salle de bain, il ne reste plus qu’à voir si ce sera avec une cadre d’entreprise amoureuse de chats ou un insomniaque qui joue du banjo. En même temps, même en partageant un appartement on n’est pas très sûr qu’on croisera beaucoup nos colocataires. Apparemment dans certains secteurs, travailler à temps plein signifie au moins du 60 heures par semaine. Tout de suite on comprend mieux le concept des Starbucks cafés et du petit-déjeuner mobile et du métro qui roule 24h/24. C’est sûr que c’est un peu plus frénétique que de ce côté du pays.

Mais encore une fois, c’est ça toute la magie des Etats-Unis: même aujourd’hui quand j’essaie de parler des mauvais côtés, et les vols de vélos, et les arnaques aux appart’, et l’esclavage professionnel, et la froideur de l’été californien qui m’a fait crever mon basilic, et le système de bus qui a je suis sûre provoqué plus d’un ulcère, je n’arrive jamais à être vraiment en colère…

C’est probablement parce qu’on mange de la pizza ce soir.

1 commentaire:

  1. Super, la pizza comme médicament mental...Mais avec des feuilles de gyko !

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