Une chose est sûre, on n’est pas
revenus millionnaires. Loin de là! Et à bien y réfléchir, Las Vegas n’est peut-être pas fait pour nous, moi qui ne suis que modérément attirée par les jeux et le casino et Obiwan qui est un gros
radin de base. Oh! Là! Là! Comment elle est!!! Elle
traite son mari de radin, elle est pas sympa!!! Mais bien sûr!!! Il
est radin, il le sait et il est fier! C’est dans ses gênes, tous les
Indiens sont comme ça! Si, si! C’est vrai, la preuve:
Mais bon, for the sake of it,
on a quand même un peu joué. C’est le mythe de Las Vegas quand même!
C’est d’ailleurs un peu déstabilisant de voir ces milliers de personnes confinées
dans la pénombre des hôtels de luxe fixer comme des zombies les écrans des
machines à sous, pariant sans cesse sur le prochain coup. On se laisse prendre
au jeu, on racle son porte-monnaie, à la recherche du moindre quarter ou du
moindre centime en se disant que ce n’est pas grand-chose, juste quelques
petites pièces insignifiantes, et on s’en veut à la sortie quand on voit des
sans-abris sur la route qui te demandent un dollar.
Il a fallut aussi décider sur
quoi on voulait miser. Le poker, on ne sait pas jouer. Le craps, une
possibilité mais j’ai depuis toujours une malchance incroyable aux dés. Les
machines à sous, Obiwan était à la base complètement contre, il ne voulait pas
qu’on s’y frotte. Le problème avec Obiwan, c’est que quand il dit quelque
chose, on ne sait jamais si c’est l’Indien, le radin ou le scientifique qui
parle. Comme la fois où j’avais mal refermé la porte du congélo, et que le
lendemain les frites et les poissons à l’intérieur étaient devenus tout mous. Pour
lui, c’était pas grave («oh! là! là! Vous êtes des
chochottes, les Européens!!!... ») mais je me suis quand même demandée si
c’était parce qu’il ne voulait pas jeter tant de bouffe, si son estomac était
blindé contre les variations de température, ou si la structure moléculaire du surgelé n’avait pas encore eu le temps de se détériorer (comme il me l’a si bien appris
un jour où il se moquait de mon sac isotherme). Le pire, c’est qu’il avait
raison. On est toujours en train de manger notre poisson décongelé/recongelé,
et ça ne nous a jamais rendu malade (petite pensée pour ma maman qui va lever
les bras au ciel en lisant ces ligne)… A Vegas, je n’étais pas sûre si son
aversion pour les slot machines venait du fait qu’il avait peur que de petit
en petit j’y épuise un seau de jetons, ou si les chances de gagner étaient
vraiment trop basses… Moi j’aime bien les machines à sous! Cette petite
seconde où tu baisses le lévier remplie d’espoir et que tu vois défiler les 7 en
priant mentalement :
«pitiépitiépitiépitiépitiépitiépitiéMERDE!». Mais Obiwan
campait fermement sur ses positions, comme un pas rigolo qu'il est: «Blablabla…
Probabilité de gagner nulle… Blablabla… Une sur un million…Blablabla… Complètement aléatoire…Blablabla…Vaut pas le coup…Blablabla…Tout l’avantage pour le casino…
Blablabla… ».
On a fini par opter pour la
roulette, qui t’offre apparemment plus d’opportunités de rentabiliser ta mise
(genre 1 sur 36). Mais alors!!! Je n’ai jamais vu une poisse comme la nôtre.
On mise noir, ça sort rouge. On vise pair, ça sort impair. On met nos chips
sur la première et la deuxième colonne, la boule s’arrête sur un numéro de la
troisième… Alors que tous les gens font la queue devant les caisses pour se faire
rembourser 50, 100, 350 dollars, nous on a lamentablement tendu nos 6 jetons…
En fait, au casino, il y a les
gens comme ça:
Et il y a nous :
Devant tant de malchance, mon
pauvre Obiwan a perdu la tête et ses convictions et m’a laissée tenter le coup
dans les machines à sous. Eh bien franchement, ça vaut pas le coup les machines
à sous; c’est complètement aléatoire et les chances de gagner sont trop
basses. Tout est calculé pour que ce soit le casino qui gagne, ça sert vraiment à rien!...
Moralité : pour remettre un
couple d’accord, rien ne vaut un séjour à Las Vegas!

Ta maman, elle ne mange pas de surgelé décongelé, mais au moins elle a gagné aux machines à sous à Las Vegas...
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