dimanche 24 juin 2012

Hellth care


Vendredi, je suis allée, pour la toute première fois aux Etats-Unis, chez le médecin. Quitte à avoir souscrit une assurance santé, autant s’en servir, n’est-ce pas? Mais alors qu’en France on prend rendez-vous chez le doc pour un poil incarné, ici on hésite encore à appeler une ambulance en cas d’appendicite aigüe (l’angoisse de la feuille d’honoraires et le meilleur placebo jamais)! On entend tellement d’horreurs sur le sujet… Et le film de Michael Moore! Et les réformes d’Obama!… Quand je me suis éclatée à vélo, me voyant y aller à la barbare avec ma bouteille d’alcool à 90 et mon papier sopalin, Obiwan m’a demandé si ce n’était pas plus prudent de consulter un médecin. Tu rigoles ou quoi? Si on doit y laisser un mois de salaire à chaque fois que je me prends un mur on s’en sortira jamais!!!

Et non non (!) je n’exagère pas du tout, et oui oui (!) j’ai des preuves! Quand Obiwan a commencé son Master, un des étudiants était absent pendant toute la première semaine de cours. Le pauvre est tombé malade juste avant la rentrée. Un problème au foie. Il a appelé le 911 qui a envoyé presto une ambulance (comme dans les films) et il est parti dans un hôpital de San Francisco faire une ribambelle de tests. Sauf que, et ça on ne nous le montre jamais dans les films, quand le 911 envoie une ambulance, ça coûte quand même 4000 dollars. Ouep! Ça fait un peu cher le trajet (que l’on n’est généralement pas en état d’apprécier, en plus). Au final, pour son séjour à l’hosto, le collègue a dû débourser 55 000 dollars!!! Oui! Oui! 55 000 dollars. 55 comme 55 et 1000 comme 1000. A peu près 40 000 euros. Et le pire c’est qu’ils n’ont jamais trouvé ce qu’il avait attrapé au foie! Avoir une facture de 55 000 dollars pour ne pas savoir ce qui a mal tourné, ça fait quand même mal au ventre (c’est le cas de le dire)!

Déjà, pour prendre un rendez-vous ce n’est pas comme en France. Chaque assurance propose une liste de médecins qu’elle prend en charge; si on veut aller ailleurs, c’est pour sa pomme. Malgré tout, je ne savais pas si je serais remboursée à 70 ou 80 ou 100%, et je n’avais aucune idée de combien aller me coûter la visite. J’ai demandé à la secrétaire où je travaille (travaille avec guillemets n’est-ce pas, rien n’a changé à part le temps qui s’est encore un peu plus rafraîchit!) combien je devrais prévoir au cas où. «Bon, une visite comme ça chez un spécialiste, oui… Allez!... ça peut coûter 200 ou 300 dollars! ». Arf! 150 pizzas la consultation. 250 donuts.

Dans le cabinet, je me suis retrouvée exactement comme dans les séries! J’ai dû donner ma carte d’assurance pour la photocopie, remplir un questionnaire de 3 pages sur mes antécédents allergiques, et une fois dans la salle d’examen, on m’a donné une sorte de grand pyjama en papier blanc, histoire que je ne me retrouve pas en sous-vêtement devant le docteur. Comme quoi, il n’y a qu’en France qu’on n’a pas de pudeur. (Mais, nooon! C’est pas si grave si tu es à poil devant la secrétaire, l’assistante et les 3 stagiaires! C’est le médecin enfin, tout le monde s’en fiche!...). Elle m’a expliqué les risques de cancer, regardé chaque grain de beauté à la loupe et pris une photo de mon oreille gauche. Fin de la visite. Je me retrouve devant la réceptionniste, l’estomac noué, et d’une voix crispée je demande: « Et alors, je vous dois combien? ». (Tatata… Moment de suspens tendu, le cœur s’affole; rien que la foutue photo a dû déjà coûter 100 dollars!). « Vous n’avez rien à payer, tout est pris en charge par l’assurance!».

Dans le monde de la médecine, il n’y a pas de petits miracles!

1 commentaire:

  1. C'est pas parce que la visite ne t'a rien coûté qu'il faut aller t'empiffrer 250 donuts...

    RépondreSupprimer