Aux Etats-Unis, je vois des
choses auxquelles je m’attendais (genre prendre sa voiture pour faire 200
mètres), des choses que je ne comprends pas (genre on ne peut pas emprunter la
voie rapide de l’autoroute à moins qu’il y ait 2 personnes ou plus dans le véhicule)
et des choses que je n’aurais vraiment pas imaginées dans ce pays :
- Les prix chez l’esthéticienne. C’est affolant. Je comprends bien qu’à Hong Kong il faille trouer son porte-monnaie pour se faire une épilation des demi-jambes. Les chinoises n’ont pas un poil sur les pattes, alors évidemment, c’est un luxe d’expat’… Mais ici, quand même! Entre les Mexicaines et les Indiennes et les Colombiennes et les Libanaises, je refuse de croire que je suis la seule malchanceuse de toute la Californie du Nord qui ait besoin de se faire débroussailler les mollets de temps à autres! Petit message à la profession: ça nous barbe déjà suffisamment d’être poilues vous savez, vous n’avez pas besoin d’enfoncer le clou en nous ruinant! Quand on n’aura plus les moyens de se payer un appartement, il n’y aura que nos poils pour nous tenir chaud et vous aurez perdu vos clientes!
- Les bus qui font n’importe quoi. Le monopôle, c’est la plaie des transports! Et là, on se dit que dans le berceau du capitalisme et de la concurrence, les horaires seront respectés à la lettre et les arrêts desservis à la minute! Que nenni!!! Et vas-y que j’arrive avec 6 minutes d’avance ou 10 minutes de retard et que je te fais louper ta correspondance, et vas-y que je m’arrête au milieu de la route pendant 3 plombes pour discuter avec le collègue que je croise sur l’avenue, et vas-y que finalement, je décide d’aller faire un tour au Mc Do et que j’annule carrément mon bus et tant pis pour les gens qui devront attendre le prochain dans 45 minutes. Le pire, c’est que personne ne râle ou ne se plaint! Je crois que c’est un fait convenu et universel: si tu n’as pas de voiture c’est que tu as loupé ta vie et tu dois en payer les conséquences sans moufter (ça me rappelle une sombre histoire de Rolex, tout ça…).
- Les sans-abris. Aux Etats-Unis, la misère a généralement une couleur (noire) et parfois aussi un poids (≥90kg). Le nombre de gens laissés sur le carreau ici est hallucinant, beaucoup trainant des chariots de supermarché avec 2 pulls et une couverture à l’intérieur. Il y a aussi énormément de fous. Des gens qui d’un coup vont se mettre à hurler sur la route, ou à te suivre dans la rue. C’est assez flippant. Mais les Américains ne s’en font pas; ils s’arrêtent, ils discutent, ils disent « Whassup dude? »… On ne s’attend pas à se genre de réaction dans un pays où les flingues sont en vente libre, on les imaginerait plutôt raser les murs. Comme quoi, la cool attitude californienne ça ne s’invente pas, tu l’as ou tu l’as pas!
- Les Mc Do désertés. Tout fout l’ camp. Je veux dire, le jour où les Américains arrêtent d’aller au Mc Do c’est comme le jour où les Italiens arrêtent de dire « Ma qué! » en secouant leur main devant le nez. C’est la fin d’un mythe, d’une institution! Rien de bien ne peut arriver au monde après ça… Les Mc Do ici sont presque toujours vides. Et comme en Inde, ils ne sont fréquentés que par une certaine classe sociale: celle du haut à Bombay, celle du bas à Berkeley. En Inde ceux qui peuvent se permettre de mettre 3 euros dans un menu, aux USA ceux qui peuvent se permettre de mettre que 3 euros dans un menu… En Californie, le Big Mac se fait voler la vedette par la pizza organique, les sushis ou le burger au steak de tofu. Je suis sûre et certaine que Mc Do ramasse plus d’argent à l’étranger que dans son propre pays!
- Les jeux télévisés. A la télévision, comme en France ils ont ‘La famille en Or’ et ‘Les Zamours’ et aussi un genre de ‘Pyramide’. Par contre, c’est comme s’ils étaient restés bloqués dans le temps, à l’époque d’Antenne 2 et de Patrick Sabatier. Alors que chez nous les candidats ont des machines hyper perfectionnées à écran plasma qui font apparaître leurs réponses en fondu enchaîné et que Nagui est devenu le chouchou des Français, ici ils sont encore en train de barbouiller des pancartes au stabilo. Manifestement, le budget alloué aux divertissements de l’aide ménagère latino est moins développé que celui des publicités pour téléphone portable…
- Les églises. Il y en a partout ! Toutes petites et toutes blanches et dans chaque quartier. Je ne savais pas que les Américains étaient aussi croyants! Et elles font tout ce qu’elles peuvent pour appâter le chaland. Par exemple, celle à côté de chez moi s’appelle ‘The church on the corner’, comme le magasin de livres de Meg Ryan dans ‘You’ve got mail’. Ou alors, on trouve celles qui mettent à disposition des parkings uniquement pour ceux qui viennent prier (Jésus n’est apparemment pas très conciliant sur la question des parcmètres). Genre si tu n’as pas de place pour te garer dans la rue, tu as l’obligation d’aller allumer un cierge avant de pouvoir faire tes courses. Par contre, les autres religions on s’assoit un peu dessus. Jamais vu le moindre temple ni la moindre mosquée. Il n’y a que les témoins de Jéhovah qui ont leur grosse bâtisse à côté de l’arrêt de métro. Les bouddhistes n’ont qu’à aller s’inscrire à un cours de yoga!
- Les magasins de fumette. Ils vont de pair avec les tatoos parlours qui ont aussi la côte. Des magasins bizarres qui te vendent pêle-mêle des hookas, des djimbés, des bouddhas et de grands drapeaux avec des feuilles de cannabis (parce que tout ça va forcément ensemble…). Ça me fait un peu penser à Camden Market à Londres, avec les boutiques spécialisées dans les vestes à clous et les champignons hallucinogènes. Le morceau de ville figé dans le temps qui n’a pas évolué depuis les années 80. Quelque chose me dit que le type de gens qui fréquente ces smoke shops n’est pas le même que celui qui fréquente les églises à parking privé…
- Les animaux errants. En plus des chiens et des chats qu’on trouve n’importe où, il y a un type d’animal qui ère dans les rues que je n’avais jamais vu ailleurs : les dindes. Et quand je dis ‘dinde’ je ne parle pas de la fausse blonde imbibée de silicone et de toxine botulique (on en voit également mais elles ont l’air de savoir où elles vont). Je parle bien de la volaille avec les plumes grises, la muse de Père Dodu. C’est toujours un peu déstabilisant d’en voir passer une à côté quand on attend à l’arrêt de bus. Maintenant, est-ce que ces pauvres bêtes survivront à Thanksgiving, telle est la question.
- Les trucs bizarres au supermarché. A la base, on est quand même au pays du procès facile. On peut devenir millionnaire rien qu’en ayant avalé un bout de glaçon de travers au restaurant du coin. Sur les paquets de bouffe, c’est comme si les instructions étaient adressées au moins de 5 ans. «Faire bouillir l’eau et la verser doucement à intervalles régulier sur les nouilles, en faisant très attention de ne pas se brûler et de na pas en verser par terre pour ne pas glisser». Du coup, on pourrait croire que tout est archi contrôlé. Mais non! On trouve toujours des trucs pas clairs dans les rayons, des dates de péremption limites et des promotions douteuses. Comme la fois où j’ai acheté un pack de 6 yaourts, et où à l’intérieur il n’y en avait que 5! Comme une idiote j’ai laissé couler. J’aurais pu traîner la compagnie en justice, récolter des milliers de dollars de préjudice compensatoire et à l’heure qu’il est faire une partie de volley dans la piscine de mon pote Brad Pitt…Ça m’apprendra.
- Les prof(e)s de gym. A chaque fois qu’il y a quelque chose de nouveau en sport, ça nous vient des Etats-Unis. Le hip-hop, le step, la zumba, le trx… Alors en venant à la salle ici j’imaginais que mes profs seraient une publicité ambulante du dernier courant fitness, tout en muscles et en fermeté. Et c’est d’ailleurs le cas des hommes, qui bichonnent leurs tablettes de chocolat et leurs biceps enflés. Par contre, les profs femme ont tendance à se positionner du côté lourd de la force. Elles transpirent plus que nous, ont des bras tout mous et de la cellulite sur le ventre. Comme leurs élèves, quoi! Alors en même temps ça fait plaisir, mais en même temps ça tue un peu nos espoirs et nos ambitions dans l’œuf. Manifestement, aux Etats-Unis, suer comme une vache régulièrement ne suffit pas à te donner le corps de Gisèle… C’est tellement démoralisant, c’est à se jeter sur le premier Snickers qui passe pour noyer son chagrin…
Au moins, la semaine prochaine à
Vegas, je ne risque pas d’être étonnée. Tout le monde nous a dit de nous
attendre au plus inattendu.
Ah! Bon!!! Alors pour moi, le plus inattendu serait de tomber sur le tournage
d’Ocean’s 14 au Bellagio et de discuter avec George Clooney devant un Nespresso-what-else pendant qu’Obiwan reste jouer au craps à calculer les différentes
probabilités et à rafler toutes les mises (à quoi ça sert, sinon, d’épouser un
matheux?). Petite fée de Las Vegas, si tu m’entends!?…
c'est ça être jeune (et le rester !) : avoir toujours la capacité de s'étonner ou de s'émerveiller, et en faire profiter les autres...
RépondreSupprimerA défaut d'une dinde, peut-etre qu'à Las Vegas tu verras passer des dromadaires...Mais méfie toi des requins !
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